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riaux, parmi lesquels on met grandnombre de fagots d’un pied de dia-mètre, & de quatre de hauteur,ayant chacun un bout de piquet auxdeux extrémités, pour pouvoir lesplanter à terre facilement , & encouvrir les Troupes, qui aurontdonné, jufqu’à ce que les logenienssoient faits.
Ou fait aulïï provision d’échellepour passer par dessus les fraises desouvrages que l’on veut insulter.En même tems on régie le nombredes Travailleurs tant pour les loge-niens des ouvrages, & ceux du gla-cis, que pour la parallèle, & lescommunications ; celui des Trou-pes , dont les unes font destinées àattaquer le chemin couvert, & lesdehors, & les autres à soutenir lesTravailleurs, dont elles doiventoccuper les ouvrages, dès qu’ils se-ront faits, & celui de la Cavalle-rie, soit pour porter les fascines aulieu marqué pour la parallèle, soitpour fe tenir fur la gauche, & furla droite, & arrêter les sorties del’Ennemi.
Tous ces préparatifs étant faitsdès que la nuit approche, <5c quel’Enneini ne peut découvrir les dé-marches de l’Assiégeant, on faitavancer les Troupes, & les Tra-vailleurs , faisant alto de teins enteins, pour ne les pas fatiguer, juf-qu’à ce qu’on soit arrivé environ àcent toises du glacis, où l’on faitalte pour la derniere fois.
Peu après on donne le signal parun battement de main, ou un coupde siflet, & chaque corps s’avancevers Pendroit, qu’il doit insulter leplus vite, dc avec le moins de bruitqu’il peut , observant de tombertout à la fois fur les angles saillansdu chemin couvert, d’où on chassel’Ennemi, qu’on poursuit jusqu’auxangles rentrans pour tâcher de lecouper, & l’empèchcr de rentrerdans la place.
S’il y a quelque demi-lune, ou-vrage à corne, ou autre dehors desimple terre , ou de gazon qu’onveuille attaquer, il faut dans le mê-me tons y planter les échelles, &tacher d’y entrer aussi par la gorge,pour s’en rendre maître plutôt, &y faire ses logemens avec beaucoupde promptitude.
Cependant les Ingénieurs fontavancer les Travailleurs chacundans leur poste, & leur distribuentle travail, qu’on doit faire avecbeaucoup de diligence. Les Trou-pes qui doivent les soutenir, se cou-chent ventre à terre auprès d’eux,& celles, qui ont chassé l’Ennemi femettent à couvert des traverses s’ily en a, ou se retirent derrière lapalissade, se faisant une espèce deparapet avec des fagots.
11s doivent faire feu le reste de lanuit contre les défenses de l’Assiégé,pour l’empêcher d’y paroitre, & detirer fur les Travailleurs : en quoion a de l’avantage fur lui, parceque la lueur du ciel fait découvrirfacilement le sommet des parapets,au lieu que l’Ennemi tirant du hauten bas & dans l’obscur, ne peut lefaire, qu’à coups perdus.
En même tems qu’on travailleaux logemens, à la parallèle, &aux communications, il faut aussifaire pousser vers la campagne unou deux bouts de tranchée, pourcommuniquer au camp avec moinsde danger. Tous ces ouvrages doi-vent être en état de défense au com-mencement du jour, ce qui peut sefaire aisément, le front de l’atta-que n’étant pas ordinairement fortlarge dans ces occasions, & fe trou-vant toujours quelque couvert, che-min creux, haies, & qui facilitentles travaux.
Dès que le jour paroi t, on faitretirer les Troupes dans les loge-mens , & la place d’arine que l’onperfectionne le jour & la nuit sui-vante, tandis qu’on amène en mê-me