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divisions contiennent toujours lesSoldats dans leurs rangs fans parler,& surtout lorsqu’on fait les quartsde conversion.
II y a des Régimens, qui ont laméthode de faire monter à cheval lesOfficiers de ferre-file, afin qu’ilspuissent avec plus de facilité fairemarcher les Soldats en avant, lescontenir dans leurs rangs, & mêmeles empêcher de fuir. Cette pré-caution est excellente : car on a vuces Régimens renverser ces Officiersà pied, & il est bien difficile à unRégiment de faire une mauvaisemanœuvre, quand tous ces Officiersà cheval s’employent avec vigueur,ce qui est d’ailleurs d'un grand se-cours pour les Officiers Majors quis’entr’aident unaniment.
La grande science en faisant ti-rer est de faire faire un feu bienajusté par pelotons, ou par rangfans jamais l’en dégarnir enticre-ment, a tin d'éloigner les Ennemisou du moins de les tenir en respect,pendant qu’on gagne du terrein,soitpour avancer,soit pour reculer. Ondoit faire marcher lentement avec unprofond silence : car si l’on marcheavec précipitation, le désordre se jetteinfailliblement dans la Trouppe, quis’étant rompue d’eile-même, est fa-cilement enfoncée A mise en suitepar l’Ennemi, qui ne manque ja-mais de profiter de la confusion oùil la trouve, au-lieu qu’une Troup-pe qui garde ses rangs, & qui exé-cute ce qu’on lui ordonne, peut auplus être détruite par le grandnombre', mais ne peut jamaisêtre battue jusqu’à perdre sonhonneur.
* C H A R G E R sepée à la main.M. le Maréchal de'Puyscgur dansson Art de la Guerre observe, quece terme vient encore du tems que{'infanterie chargeoit effectivementsepée à la main, paree qu’on n’avoitpas sillage de la baionette; Alorsle soldat prenoit son Mousquet avec
sa fourchette de la main gauche,n’aïant pas de courroie pour le pas-ser en bandoulière.
CHARGEUR : c’est un Offi-cier d’Artillerie, commis pour char-ger le canon. Chargeur est auffi unMarchand chargeur, à qui appar-tiennent les Marchandises, dont oncharge un Vaisseau.
CHARIOTS. Si les chariotsdans les Armées font d’usage pourle transport des équipages, de l’Ar-tillerie, & des munitions de bou-che & de guerre, ils servent encoreà fortifier une Arméedans le besoin.De tout tems on s’en est servi avecsuccès pour se retrancher, soit encombattant, soit en campant.
La meilleure ressource d’un Gé-néral habile, qui se trouve dans{'obligation de faire route, en pré-sence d’un Ennemi plus fort quelui, ne peut être que de se couvrirdes chariots de son Armée pendantfa marche : cela allure ses colomnes,les garantit des inconvéniens d’unharcèlement continuel, & en casqu’il soit attaqué, il lui est aisé dese remparer sur tous les fronts qu’ilest obligé de présenter.
Alexandre Earnése, Duc de Par-me, conduisant de Flandres versParis une Armée d’Espagnols, mar-chent les colomnes de son Arméecouvertes des deux côtés par leschariots de bagage. II trouva fasûreté dans cette manœuvre, & neput être attaqué par Henri IV. quile suivoit dans {'intention de lecombattre.
On scait par les Histoires quelétoit le ravage que faisoient leschariots de guerre, qui parvenoientà ouvrir une Phalange, & à
{'enfoncer.
II y en avoit de deux fortes : lesuns en Tours , dans lesquelsétoient des Archers ; & les autresétoient hérissés de lames de fer,propres à pointer & à trancher.Les ravages que causoient ces der-niers