COULER: on dit couler «nepiéce quand on en fond le métal &qu’il entre dans son moule.
COULER bas, couler à fond,c'est faire enfoncer & périr un Vais-seau. Couler bas: e’est encore quandle Vaisseau s’enfonce fous 1 eau &périt. Couler bas d’eau : c'est-à-dire, qu’il entre plus d’eau dans leVaisseau, qu’on n’en peut jetterde-hors, deforte qu’avec le teins, leVaisseau s’en va au fond.
COULEVRINE & demi-coulevrine, est une piéced’Artillerie fort longue, & qui por-te loin. On appelloit autrefois cet-te forte de piéce demi - canon deErance. Elie est de 1 6. livres, &pèse 4100.
COULISSE: c’est, un canalfait de bois, ou autrement, danslequel on fait aller & venir un châs-sis, une fenêtre, ou autre chose.Quand on fait des écluses , 011 fesert de planches, qui entrent Tuneen l’autre, en rainure & en coulisse :cela s’appelle mâle & femelle.
COULOIRS : ce font les pe-tits passages qu’on fait autour desponts dans les Bâtimens, où le ponttout entier n'est que des écoutillescintrées, ou du-moins où le pontest cintré & élevé.
COUP - D’OEIL militaire : iln’est autre choie, scion M. le Che-valier Folard, que fart de connoî-tre la nature & les différentes situa-tions du païs, où l’on fait & oùl’on veut porter la guerre, les avan-tages & les désavantages des camps& des postes que l'on veut occuper,comme ceux qui peuvent être favo-rables ou désavantageux à l’Ennemi.
Par la position des nôtres, & parles conséquences que nous en tirons,nous jugeons sûrement alors des des-seins pressens, & de ceux que nouspouvons avoir par la fuite. C’estuniquement par cette connoissancede tout un Païs, où l’on porte laguerre, qu'un grand Capitaine peut
prévoir les evenemens de toute unecampagne, dc s’en rendre pour ainsidire le Maître ; car jugeant par cequ’il fait, de ce que l’Ennemi doit ■nécessairement faire, obligé qu’ilest par la nature des lieux à se ré- |gier fur scs mouvemens, pour s’op-poscr à scs desseins, il le conduitainsi de camp en camp, & de posteen poste, au but qu’il s’est proposépour vaincre.
Voilà en peu dc termes ce quec’est que le coup-d’œit militaire, fuislequel il est impossible, que le Gé-néral puisse éviter de tomber dansune infinité de fautes d’une extrê-me conséquence. En un mot, il ]11’y a rien à elpérer pour la victoi- >re, si l’on est dépourvu, de ce que {l’on appelle coup-d’œil à la guerre, jLa science militaire est de la naturede toutes les autres , qui deman-dent l’ufage pour les bien possé-der dans les différentes parties quila composent.
Pbilopœmen un des plus grandsCapitaines de la Grece, qu’un Illu-stre Romain appella le dernier desGrecs, avoit un coup-d’œil admira-ble , qu’on ne doit pas considéreren lui, comme uji présent de la na-ture, mais comme le fruit de l’étu-de, de l’application, & de son ex-trême passion pour la guerre. LesCondés , les Turennes, n’étoientpoint fans ce fqavant coup-d’œil, ilsPont acquis par l’étude des scien-ces , qui ont rapport à leur profes-sion ; & M. le Maréchal Comte deSaxe feroit-il aujourd’hui une Cam-pagne si glorieuse en Flandres, fousles yeux de notre Monarque, s’iln’avoit l’art de mettre les Arméesen bataille, de les camper, & dçles faire combattre, s’il n’avoit en-fin dans la perfection ce coup-d’œilmilitaire , qui voit tout, qui a tout Iprévu. I
Etudier la guerre avant que de Ipenser à la faire, & s’y appliquer Ifans cesse, lorfqu’on la fait, c’est ce 1Z 4 qu’ont I