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Tome I.
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719-720
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qu’ont toujours fait les grands hom-mes ; mais, comme on ne fait pastoujours la guerre, ou que les Ar-mées ne font pas toujours en mou-vement, ni assemblées, couime onest au moins six mois dans le reposd’un quartier d’hiver , & que sixmois ne suffisent pas pour formerle coup-d’œil pour la guerre, par lesecours de l’efprit, 6c de l’imagina-tion, on peut, dit M. Folard, enfaire usage ailleurs , que dans lesarmées, comme à la chasse.

Rien, selon cet Auteur, ne con-tribue davantage à former le coup-d’œil que l’excrcice de la chasse.Outre qu’il met au fait du pais, 6cde ses différentes sortes de situation,qui font infinies, 6c jamais les mê-mes, on apprend encore dans cebel exercice mille ruses, 6c millechoses, qui ont rapport à la guerre.Mais la principale est la connoissan-ce des lieux , qui forme le coup-d ’ œil , fans que nous y prenionsgarde ; 6c si l’on s’exerce à cetteintention, pour peu de réflexionsqu’on y ajoute, on pourra acquérirla plus grande, & la plus impor-tante des qualités d’un Générald’Armée.

Le grand Ci rus eut moins sonplaisir en vûë, en fe livrant toutentier à la chasse pendant fa jeu-nesse que le dessein de fe rendrepropre pour la guerre, 6c pour laconduite des Armées. Si son appli-cation l’a rendu un des Grands Con-quérans de l’Antiquité, Louis XV.notre Auguste Monarque ne paroît-il pas l’avoir pris pour modèle.Après avoir étudié le métier de laGuerre dans le pénible exercice dela Chasse, il vient dans la Campa-gne de 1744. 6c celle de cette année1745. de s’immortalifer. La Ba-taille de Fontenoy, le Siège deTournay, la surprise de Gand, tou-te la Flandre conquise dans uneCampagne feront l’admiration & Té-tonnement de nos Neveux.

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Outre la Chasse, qui est un bonmoyen pour fe former le coup-d'œil ,car tout le monde n’est pas agité decette passion, quelque noble , 6chonnête qti’elle soit: Les Voyages,dit notre íçavant Auteur, peuventêtre à peu près de la même utilité.11 en a fait l’expérience.

Lorfqu’on est en voyage, on peutexaminer tout le païs, qui est àportée de la vúë, toute la ligne duterrein le plus éloigné, comme tou-te l’étenduë de celui où on est. Oncampe par imagination une Arméefur le terrein qui fe découvre leplus devant nous, & que l’on voiten face. On en considère les avan-tages , 6c les défauts, on voit cequi peut être favorable à la Caval-lerie,ce qui est propre à l’Infanterie.

On fait la même chose dans lePaïs qui est en deça, on forme ima-ginairement les deux ordres de ba-taille, 6c imaginairement on meten oeuvre tout ce qu’on fçait de ta-ctique & de ruse de guerre. Parcette méthode on perfectionne lecoup-d’œil, on se rend le païs fami-lier , on le fortifie dans l’art de sai-sir promptement les avantages deslieux, ou ce qui peut y être dés-avantageux. Outre qu’on avanceen connoislances 6c en fçavoir, 6cqu’on passe l’on tems fans aucun en-nui en satisfaisant sa paffion.

COUP de partance en terme deMarine, c’est un coup de Canonsans balle, qui fe tire par Tordredu Commandant, pour donner avis,que Ton va partir.

COUP de vent : c’est T orage,ou le gros teins qui survient, quel-'que longue durée qu’il puisse avoir,ou tout le tems que dure un grostems de mer. Coup de mer, c’estle coup qu’un vaisseau reçoit d’unevague de mer. Coup de gouvernail,donner un coup de gouvernail, c’estJe pousser avec vîtesle à Stribort ouà Basbord. Coup d’une épreuve àCanon : c’est la quantité cfe pou-