Band 
Tome I.
Seite
1099-1100
JPEG-Download
 

FOU

FOU

I£09

1 099

Soldats, Cavaliers & Dragons lcpendent à un cordon, il est porte'par une bandoulière de cuir ou debuste de la gauche à la droite,& les Canoniers le portent enécharpe.

FOURNITURE des vivres :Les plus grands Généraux ont tou-jours regardé la fourniture des vi-'<ores0 & r attirail des caissons com-me un des plus forts embarras deleurs Armées. Ce qui, au rapportde /’Auteur du Munìtionnaìre desArmées de France, faisoit dire quel-quefois à M. de Turenne, qu’ilfalloit tâcher de fe passer de tousses attirails. »

II difoit cela à Limitation desArmées Polonoifes , où chaqueCompagnie fubíîste par les foins deson Capitaine, óc rétablissement enest merveilleux. II n’y a pas unseul morceau de fer dans les cha-riots légers, qui portent les provi-sions : ils font couverts d’uneécorce tout d’une piéce, impéné-trable à la pluie.

Les roues font faites d’un arbrequi fe tourne facilement en rond,& qu’on arrête avec des chevilles.Deux boeufs traînent un chariot;après que le premier est vuide ontué l’un des bœufs, & le chariotmis en pièces sert à faire cuire laviande, ainsi des autres, óc lors-que tout est consommé l’Armée sepourvoie comme elle peut.

Les autres Peuples enfoncés danslc Nord ne font point aussi de ma-gasins pour la subsistence de leursArmées ; lorfqu’ils ont le desseinde pénétrer dans les Etats de leursEnnemis, ils voiturent seulementce qui est nécessaire pour les pluspressans besoins.

Nous en avons eu dans le com-mencement de ce siécle un exempleadmirable dans les Suédois, quimarchant en vrais Conquérant lais-sèrent derrière eux tous les bois, lesfleuves, les défilés qu’ils traversè-

rent, sans songer à s’assíircr aucuneretraite, & passèrent ainsi au tra-vers de la Pologne, conduits par unjeune Roi intrépide, qui s’étoitmis en tête de faire détrôner un Ri-val, qui luidéplaisoit.

Les Tartares traînent encore bienmoins d’embarras après eux. Cha-que Soldat porte feulement plein unsac de millet calciné au feu , & ré-duit en farine. Lorfqu’ils ontfaim ils en prennent la valeur d’unecuillerée, qu’ils détrempent dansde Peau, & s’en trouvent rassasiés,ce n’est pas qu’ils ne mangent au-tres choses, lorfqu’ils en ont, maisils ne font que cette provision. LesPandoures, qui font des Peuples deHongrie, óc qui font des Trouppesde la Reine de Hongrie, viventcomme les Tartares. Ils ne fontprovision que de farines, & vi-vent de butin.

On ne peut pas parmi nous sui-vre Pexemple de ces Nations, parteque la chose est impossible à desTrouppes, qui font accoutumées atrouver leur subsistence par tout ouelles vont : mais on pourroit ima-giner quelques moyens pour nepoint embarrasser nos Armées detant d’attirails, & changer s’il fepouvoit nos caissons en petits cha-riots légers, qui porteroient lesmêmes quantités de rations, quel’on couvriroit de forts treillis cires,fous lesquels le pain feroit en sûre-té contre les injures de Pair. Cetteréflexion est de P Auteur que j’aicité plus haut.

Quant à la maniéré, dont on afourni anciennement les vivres enFrance, je me réservé d’en parlerau mot vivres , ainsi que de la ma-niéré, dont on les fournit aujour-d’hui. Voyez vivres.

* F O U R S ou sanglons, enternies de marine, ce font certainespièces de bois triangulaires, postesau lieu de Varangues fur la troisiè-me partie de la quille vers Parriere.