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Tome II.
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les charretiers ne traitent dure-ment souvent même n’abandon-nent, lesdits malades ou blefìes )principalement lorsque les chemin zsont mauvais, & qu’ils se croyenttrop chai’ge's. Ceci se pratique seu-lement pour l’ordinaire de FArmée ;car pendant les Sièges, ou aprèsles Batailles, on pourvois au trans-port des Bielles par des'voituresd u pays où l’on se trouve.

Voila ce qui regarde le soin or-dinaire de VUopitaL II y en a unautre plus conlidérable ; c’ell celuiqui luit une grande action, oùil est très-ordinaire qu’un seul joury salle conduire huit & dix milleblessés. II est prèsque impossibleque les Chirurgiens particuliers desCorps, dont l’Armée est composée,& ceux de l 'Hôpital puissent four-nir seulement au premier appareil.

II est prèsque impossible aussique l’on ait sur le champ assez devoitures pour conduire les blessésaux Hôpitaux des Villes. II est en-core du foin de 1 Intendant & desCommissaires des Guerres, de faireque rien ne manque à cet égard,soit pour le pansement, soit pourle transport, soit pour la nourri-ture. II s’cst vu que cette impossi-bilité a retardé considérablementou même fait perdre le fruit dugain d’une bataille, donnée danslin éloignement si considérable desHôpitaux des Villes, qu’il a falluplusieurs jours pour déblayer leCamp desdits blessés, qu’il auroitete trop inhumain d’abandonnerdans un Camp fans secours.

Les friponneries qui se commet-tent dans les Hôpitaux font insinies.On se parc contre les plus préjudi-ciables au service , quand ceux,qui sont préposés pour veiller furles Directeurs, sont gens d’une pro-bité reconnue & incorruptible.

Les principales friponneries ré-gardent la bonne ou mauvaisenourriture, les bons ou mauvais

tnédicamens, le peu d’exactitude àmarquer le jour précis de la mort, oude la sortie du Soldat ; car pour lejour de Feutrée, c’est un soin que leDirecteur n’a garde de négliger.

Les préposés ' à veiller fur lesHôpitaux, s’ils sont gens de pro-bité, peuvent faire éviter au Princeune grande perte d’hommes, âcépargner beaucoup d’argent. Maisla difficulté est de trouver cesgens de probité incorruptible, parcequ’il est bien facile aux Directeursde mettre ces gens-là dans ses in-térêts , d’autant plus que tout con-court à tromper le Prince dans lesHôpitaux, parce que Je gain estjournalier, & devient prodigieux àla longue.

Tout ce que peut faire un Mini-stre capable, c’est de veiller bienexactement à l’obscrvation des or-donnances.

Depuis du tems les Hôpitaux del’Armée sont suivis d’un nombrede Kt 'collets, pour l’administraticmdu Spirituel aux malades & auxblessés; & afin qu’il se trouve dansle Camp un plus grand nombre deMesses. Ces Religieux sont voitu-rés & montés aux dépens du Roi,ont des charrettes pour porter lesornemens de leurs Chapelles &leurs bagages.

Leur marche est à la tête de l’Hô-pital, & leur place dans le Camp,est au Quartier général, ou dans lelieu où l’on a placé VHôpitai. Dansles Sièges, ils ont un petit établisse-ment à la queue de la Tranchée,où il y en a toujours quelques unsqui se relèvent tous les jours poury administrer le Sacrement de Pé-nitence. Us ont un Supérieur,comme dans un Couvent enfermé.

Ceux qui sont employés à laguérison des malades & blessés dansÏHòpitai qui fuit l’Armée, sont leMédecin Major de l’Armée , leChirurgien Major de l’Armée, lesAides Majors Chirurgiens, les Sous-