JET
5S
57 J E T
l’Aga, qui juge ensuite en dernierressort.
JET, terme de marine, faire lejet, c’est de gros tems jetterìen merla marchandise, les mâts & le ca-non pour alléger le vaisseau, depeur de faire naufrage. En ces oc-casions il y a des re'glemens de ma-rine , qui déterminent ce que cha-cun doit souffrir de la perte.
JET de voile, voyez voile.
JET des Bombes, on dit jetdes bombes , ce qui s’appelloit autre-fois tir.
Le Jet est le mouvement de quel-que corps poussé avec violence. IIse dit aussi de 1 espace, que parcourtle corps qu’on a poussé, comme labombe, quand elle fort du mor-tier, & qu’elle est chassée par lapoudre.
Le jet de la bombe forme ordi-nairement une ligne courbe, maisquand le mortier est pointé hori-ïontalement, on prétend qu’elledécrit les trois mouvemens du bou-lée, le violent ou droit, le mixteou courbe, & le naturel, qui estperpendiculaire.
L’Officier, qui fait servir lesmortiers ou pierriers, s’attache par-ticulièrement à reconnoître, autantqu’il le peut de l’oeil, la distancedu lieu où il veut tirer, ayant don-né les dégrés d’élévation au mortierou pierrier, suivant le , jugement,qu’il fait de la distance.
II fait tirer la prémiere bombe, &suivant l’endroit, où elle tombe, ildiminué, ou augmente les dégrésd’élévation.
La plupart de ceux, qui tirentdes bombes, n’ont gueres d’autresrégies, que ce que l’on vient de di-re. Cependant nos Bombardiers,dit M. de S. Rémi, fe servent sou-vent des tables, pour connoître lesdifférentes étendues des portées, se-lon la différence des élévations dumortier, fur tous les dégrés de l’e-qtterre depuis l. jusqu’à 4Z.
Cette maniéré, quoique fondéesur une infinité d’expériences, n’apas laissé de trouver quelquefois desCenseurs. M. Blondel a fait untraité là-dessus. II prétend, ditI’Auteur que je viens de citer plushaut, avoir donné une démonstra-tion pour tirer juste, beaucoupplus sûre, que n’ont pu faire ceuxqui s’en font mêlés par le passé.
Mais il semble qu’il vaille mieuxs’attacher à suivre ceux, qui sontdans le continuel exercice des bom-bes, étant íùr que l’expérience, sur-tout en fait de poudre, Temportetoujours fur les observations lesplus sçavantes.
Suivant la méthode des Bombar-diers dans le Jet des lombes, un mor-tier chasse plus ou moins, selonqu’il est plus ou moins chargé depoudre.
Un mortier par exemple de 12.pouces de calibre, chargé dansdfcchambre de 2. livres de poudre iiu>nuë grenée donne de degré en de-gré 48. pieds de différence de por-tée ; & pour la plus grande éten -
duë fous i’élévation de 4;. dégrés,2 160. pieds.
Le même mortier donne de dé-gré endégré 60. pieds de différence,s’il est chargé de deux livres & de-mie de la même poudre, & 2700.pieds pour la plus grande volée.
Enfin il donne 72. pieds de dif-férence de degré en dégré, si lacharge est de z. livres de poudre me-nue grenée, & à l’élévation de 4;.dégrés, qui est la plus grande vo-lée, selon les Bombardiers, il chas-se la bombe à distance de 3240.pieds.
Sur ce fondement il y a des ta-bles faites par les Bombardiers,qu’on voit dans Blondel, 011 dans S.Rémi, pour les mortiers de 12. pou-ces de calibre, que je viens de don-ner pour exemple, & pour les au-tres de moindre calibre. On ditaussi 1 ejet de la fusée.
JET