373
N E U
NEZ N I G
374
est obligée de lui fournir un certainnombre de Trouppes, quand il esten guerre, n’est pas censée garderla Neutralité, ou du moins ce n’estpas une neutralité exacte.
L’Histoire nous fait assez connoî-tre que rien n’est plus rare qu’unPrince qui fe maintient neutre óc in-violable entre deux grandes Puissan-ces. Bienheureux les Pacifiques : ce-la est vrai, dit Jiaylc, en parlantde Neutralité, quant à l’autre mon-de, mais dans celui-ci, ils font misé-rables. Ils veulent ctre marteau, celafait que continuellement ils font en-clumes à droite (f à gauche. C’estce qui arriva auxVenetiens en 1701.en voulant sc conserver neutres en-tre les Impériaux óc les François.Une Neutralité bien ménagée, estquelque chose de si difficile, quec’est une efpéce de miracle quandelle réussit. II faut avoir les quali-tés du cœur óc de l’efprit de HieronRoi de Syracuse, pour se compor-ter avec des Puissances en guerre,comme il fit avec les Romains LiesCarthaginois. Sa Neutralité luiacquit beaucoup de gloire, óc futtres-avantageusc à son pays óc àlui-méme.
O11 ne doit point souffrir qu’unPrince neutre demeure armé, parcequ’on ne peut s’assûrer de lui, ócqu’il est toujours en état de prendretin parti selon le succès du vain-queur. On doit l’aller chercherchez lui pour le contraindre à scdéclarer.
II est cent fois meilleur de sc dé-clarer pour un parti, que de pren-dre la voie du milieu. O11 a beautenir la balance dans un parfaitéquilibre, fans la faire pencher d’uncoté plus que de Pautre, on ne.^lecroira jamais, & chaque parti nousregardera comme Ennemi couvert,óc par conséquent très-dangereux.
Le Pape Léon X. imagina uneneutralité d’une elpéce toute singu-lière, voyant François I.dc les Suis-
ses engagés dans une guerre pourles affaires du Milancz, il résolutde ne prendre aucun parti, quoiquechacun tâchât de le métré de soncoté. II resta neutre ou plutôt ilfeignit de l’être. II fit approcherses Trouppes des frontières du Mi-lanez, fous le prétexte de couvrirl’Etat Ecclésiastique, mais en effet,pour être dans le voisinage des deuxArmées, quand elles en viendroier.taux mains, óc cela afin de tomber àl’improviste fur le victorieux fati-gué d’une sanglante bataille, óc dele mettre hors de PItalie, de sc ren-dre Maître de la Lombardie, óc dese faire l’Arbitre de PItalie. Maisles chimères de conquête óc de gloSre de Léon X. s’évanouirent. Sonannée qui s’étoit approchée de lafrontière à la nouvelle que les Suis-ses avoient été battus & terrassés,prit l’épouvante L s’enfuit, commesc sentant la conscience chargée d’unmauvais dessein.
Nous avons dans PHistoire An-cienne plusieurs exemples de cetteefpéce de Neutralité. Ceux du par-ti de Vefpasien, dans la guerre d’O-thon óc de Vitellius, avoient eu lamême ruse : óc les Athéniens, dansla guerre des habitans de Corcyre,contre les Corinthiens, óc dans lesHistoriens de notre teins, nous nemanquerions pas de pareils exem-ples d’une fausse Neutralité.
NEZ: le nez d’un Navire: c’estla préniiere partie du Navire, quifinit en pointe : on dit aussi lamême chose d’un Bateau. Etre tropfur le nez, Vaisseau qui est trop fin-ie nez. Quand un Vaisseau est tropfur le nez par fa construction, il fautfaire pencher le tuât de misc'ne unpeu arriére, afin que Pavant du Bâ-timent soit plus déchargé.
* NIGOTEAUX ; On donnece nom aux morceaux d’une tuilefendue cn quatre, pour servir auxSolins óc aux tuilées.
NI-