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Tome II.
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& aguerries & commandées par desChefs excellais, qu’on doit userde prudence dans une victoire quin’est jamais afiûrée, lorsqifils restequelque corps en entier ou de ré-serve; car une Bataille n’est pasgagnée pour avoir vaincu à uneaile & même à un centre. II fautêtre toujours dans une perpétuelledéfiance dans une action générale,& se garder toujours des corps quifont encore en entier & qui tien-nent bon : & certes ce n’est pasfans raison qu’on dit qu’il fautfaire un pont-d’or à son Ennemiqui fuit.

Si le Prince Robert ou Rupertavoit fait ' usage de cette maximedont il avoit très-grand besoin,& qu’il eiìt fait une seule fois unseul pont - d’or aux Parlementaires,fous le régne malheureux de Char-les I. en 1644. la guerre eût étéfinie , niais le croira -1 - on ? cePrince qui étoit neveu du Roi,tomba trois fois & en trois diffé-rentes batailles dans une faute tou-te semblable à celle d’Antiochus:ce qui fut la cause des maux &des malheurs inouis de Charles.Du-moins st le Prince Robert fefût corrigé à la troisième , il eûtréparé le mal des deux autres, &les Rebelles n’eussent jamais pus’en relever. Ces trois exemplesfont fuslìfans pour faire voir qu’ilfaut toujours faire un pont - d’or àson Ennemi.

PONTlìNAGE: c’estun droitque le Seigneur féodal tire desmarchandises qui'passent fur lesrivières, fur les bacs, & fur les ponts.

PONTILLES, ou espon-tii_i.es , en terme de Marine,font des bâtons ou des pièces debois, qu’on met debout fur le plat-bord, pour soutenir les pavois &les gardes - corps.

PONTON, est un grand Ba-teau plat, de 3. à 4. pieds de bord,& qui porte un mât. 11 ne sert

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qu’au radoub des Vaisseaux, pourles soutenir quand on les met furle côté pour leur donner la carène.Quelquefois on fe sert d’un vieuxVaisseau, comme d’un ponton.

*PONTONS:on appelle ainsidans les Armées des Bateaux decuivre, qui fe portent fur des Pla-quas faits exprès, avec les madriers& les poutrelles nécessaires pour laconstruction des ponts & le passagedes Rivières. On ne voit nullepart dans les Historiens de l’anti-quité que les Anciens connussentcette espèce de Bateaux. Les Fran-çois s’en font servis les premiers.On ignore le nom de l’Inventeur.

Chaque haquet est chargé d’unPonton , de douze madriers de sa-pin d’environ dix <ì douze poucesde large, & de huit poutrelles deseize piés trois pouces de long. ' Unponton doit couvrir dix piés derivière. Qn n’emploie que sixpoutrelles par Ponton, les deuxautres étant de réchange, ou pourfaire un avant ■ pont.

Pour cinquante Pontons il fautcinquante quatre baquets avec au-tant d’Avant-trains, pour en avoirquatre haut- U-pied; quatre Cais-sons à mettre des cordages &ustenciles.

Pour faire le pont on pose unPonton à cinq piés du bord, avecsix poutrelles , & douze madriers ;si la rivière n’a que vingt - cinqiés, il 11e faudra plus que Pavantout que l’on trouvera fur lc Ha-quet haut - le-pied. Ainsi deuxPontons suffiront pour une rivièrede vingt-cinq piés ; quatre pourune de quarante-cinq; cinq pourune de cinquante-cinq ; six pourune de soixante-cinq; & augmen-tant de dix piés en dix piés, onsaura la quantité de pontons néces-saire pour une rivière dont on con-noîtra la largeur. II faut toujoursavoir un haquet haut-le-pied pourle second avant - bout.

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