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Trouppes y firent des prodiges devaleur, & les ennemis furent obli-gés de se retirer, avant la pointedu jour, craignant que M. leGrand-Prieur ifengage.it une affaire géné-rale. Ce Général trouva cette Cas-sine couverte de corps morts avecdes marques d une défense déter-minée, & il donna beaucoup delouange aux braves Compagnies,qui la défendoient, & entr’autresà sept braves Grenadiers, qui dé-fendirent le haut d'un colombier,dc qui ne voulurent jamais fe rendre.
L’année 170;. fournit encoreune défense de maison toute austihardie, dans un village de la Po-logne, par M. le Comte de Saxe,aujourd’hui Maréchal de France,qui joint à une grande valeurune intelligence, une application& des talens peu communs dansles grandes parties de la guerre.
Etant à Léopold, où il attendoitl’occasion, & une escorte pour serendre àWarsovie où étoit la Cour,il partit vers la fin de Janvier avecun bon nombre d’Osticiers, & lesGens de fa Maison. 11 fut attaquéde nuit, dans le teins de la Confé-dération en Pologne. C’étoit dansun Bourg nommé Crachnitk , ou lesPolonois eurent dessein de [ enlever.N’ayant que dix-huit hommes ilabandonna la Cour, & occupa leschambres , où il posta deux outrois hommes à chacune, avec or-dre de percer le plancher pourpouvoir tirer d’en haut fur ceuxqui entreroient dans les étages d’enbas. Ce qui fit un fort bon effet.Mais les Polonois abandonnèrentfattaque d’en bas après y avoirperdu beaucoup de monde, pourmonter par les fenêtres. M. leComte de Saxe, qui faute de mon-de ne pouvoit empêcher cette ma-nœuvre, les laissa faire; il entradans ces chambres l’épée a la mainavec ce qu’il avoit d’Ofiìciers, &tomba fur l'ennemi, qui ne s’atten-
doií pas à une sortie si sourde, &sur-tout au milieu d’unc nuit ob-scure , où le courage tient lieu dunombre. 11 les pal!a presque tousau fil de l’épée. Les autres prirentle parti de fe jetter par les fenêtres.Les Polonois tentèrent encore uneseconde fois l’avanture avec lemême succès , ce qui les obligeade fe retirer. Ils fe contentèrentde bloquer la maison, & d’atten-dre le jour pour voir le parti qu’ilsauroient à prendre.
Mais M. le Comte de Saxe n’a-yant aucun quartier à attendre,avec quatorze hommes qu’il avoit,prit la résolution de tomber dansune de leurs gardes, qu’il ne pou-voit manquer de surprendre & decharger l’épée à la main, & il seretira à Sandomir où il y avoitune garnison Saxone. Cette actionde M. le Maréchal Comte de Saxe,qui n’étoit alors que dans fa pré-miere jeunesse , lui fit beaucoupd’honneur , c’est un Héros que laFrance a enlevé ;t la Saxe & à laPologne , & qui par ses belles
actions nous retrace le souvenirde celles des Coudés & des Ttt-rennes.
POSTES un Capitaine com-mandé pour aller occuper un poste,peut monter à cheval à cent pasau-delà du rendez-vous général:mais il doit fe tourner de teinsen sents derrière lui pour voir s’ilne va pas trop vite, & si toute faTrouppe le fuit fuis trop se fa-tiguer, observant d’en ordonner lamarche, selon que le terrein le per-met. S’il entre dans un pays cou-vert , & où il pourroit y avoirdes ennemis, il ordonne une avant-garde plus ou moins forte, com-mandée par un Sergent, qui mar-che à cinquante pas, ou environdevant lui, & auquel il commandede fouiller par tout exactement.
II 11e fi;auroit prendre trop deprécautions contre la surprise, &X 4 les