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Tome II.
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811-812
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de l’autre côte pour protéger la se-conde qui doit couper ou replier sesponts derrière elle.

Les retraites quand on est suividoivent se faire de façon qu uneprémiere ligne se feplie dans les in-tervalles d’une seconde, qui fait unmouvement en avant pour recevoirPennemi qui ne manque pas de s’a-bandonner fur celle qui se replie, <5cqui a dû l’écarter auparavant enfaisant feu & pour la deuxième demême.

Avant une assure prévue dont lesuccès est toujours incertain, ondevroit rendre la communicationde ses derrières facile. S’il s’y trou-ve une rivière on ne fçauroit y fai-re trop de ponts. L’Arriere - Garded’une Armée, qui sc retire doit êtrecomposée de Trouppes d’élite, par-ce que la confusion s’y mettant, secommunique facilement, & pres-que sans remède au reste. M. leMaréchal de Kroglie dans les retrai-tes qu’il a faites en Bohême & enBavière, avoit formé à cet effet unCorps de Grenadiers, & un autredes Carabiniers de l’Armée.

II y a des Généraux, & presquetous, qui préfèrent les retraites denuit. Ils font reconnoître les che-mins, & s’éloignent en diligence àla faveur de l’obscurité, a tin quel’ennemi ne s’en appercevant qu’àla pointe du jour, ne puiífe les at-teindre. Cependant ils envoient enavant de l’Infanterie pour occuperfur leur marche des collines avanta-geuses s’il y en a, fous lesquellesils puissent fur le champ mettre tou-te leur armée en sûreté, & si l’en-nemi s’attache à les poursuivre, l’In-fanterie qui occupe les hauteurs,fond fur lui avec la Cavallcrie.

11 n’y a rien de plus dangereuxpour des gens qui poursuivent in-considérément, que d’étre attenduspar des Trouppes préparées à lesrecevoir ou embusquées. I.cs re-traites font de vraies occasions pour

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dresser des embuscades, parce cequ’on s’abandonne avec moins deprécaution fur des gens qui sem-blent fuir, & plus cette confianceest excessive, plus les risques en fontgrands.

Les surprises n’arrivent dans lesmarches que quand on n’est pas furses gardes, ou que l’on ne soupçon-ne aucun danger ; c’est ce qu’ ilfaut éviter, car le nombre, & mê-me la valeur ne servent de rien àceux qui y sont pris.

Quand PEnnemi sc retire, voicile piège qu’on lui peut tendre. Onle fait suivre à la piste par un petitdétachement de Cavallerie, & l’onenvoye en avant par d’autres che-mins un bon Corps de Trouppes seplacer scerettement fur fa marche.Lorsque ce détachement de Cavallc-rie a atteint P Armée Ennemie, illa tâte legéreqient & se retire aus-si - tôt.

L’Ennemi s’imaginant que toutle risque est passé, ne Pobservcplus, & laisse marcher ses Troup-pes en désordre : alors ce Corpsqui étoit allé Pattendre par un au-tre chemin, tombe fur lui, & luifait subir la peine de son impruden-ce. Un Général avisé, pour nepoint tomber dans les embuscades,envoye devant lui occuper les lieuxdifficiles, & les défilés des bois,Iorsqu’il y en a à traverser, & assu-re encore par derriere sa retraitecontre la poursuite de PEnnemi, enlui barrant les chemins avec des aba-tis d’arbres.

A u reste les occasions de surpri-ses , & d’embuscades dans les. re-traites sont prèsque toujours com-munes à Pun & à l’autre Parti. Ce-lui qui sc retire peut laisser derriè-re lui des Trouppes dans des Val-lées propres à cela, ou dans desCampagnes couvertes de bois ; &

si PEnnemi tombe dans le piège, ilpeut revenir sor ses pas, & join-