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Tome II.
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dre ses forces a celles dc son em-buicade.

Pour celui qui poursuit, il peutfaire prendre de l’avance à de bon-nes Trouppes par des routes dé-tournées, pour couper le cheminà son ennemi, & l’attaquer defront, tandis que l’Arme'e, qui lesuit Pattaque par derricre.

Celui qui est poursuivi peut re-marcher & tomber la nuit sur sonEnnemi dans le teins du sommeil ;& celui qui poursuit, peut aussi,quoique, fort éloigné de son adver-saire lui dérober des marches, àle surprendre au passage des riviè-res. Celui qui précédé tâche d’é-craser les Trouppes de Tennemi quipatient les prémieres, pendant quele reste en est séparé par le lit de larivière : & l’Armée qui suit, dou-ble le pas pour atteindre ceux desennemis qui n’ont point encore dûpalier.

RETRAITE dans les monta-gnes : la retraite de Philippe deMacédoine dans les défilés des mon-tagnes de Therme, est céléhredansl’Histoire & digne d’admiration.Elle le scroit encore plus, dit leCommentateur de Polybe, si lesretraites des montagnes, n’étoient lesplus difficiles L les plus dangereu-ses, A: ces difficultés empêchenttoujours ou presque toujours leícourses & les expéditions dans lespays des montagnes. La plupartdes Généraux, même les plus har-dis, sentant la difficulté qu’il y ade les faire, malgré leur grand cou-rage dont ils sont assurés, nous fontconnoître en ne tentant rien, qu’iísne font pas trop sûrs de leur habile-té , dans cette façon de guerre : cequi rend ces entreprises fort rares,& si l’on s’y engage, ce n’cst gué-res impunément.

M. le Marquis de Feuquiéres futcapable de ces fortes de choses, té-moin ce qu’il a fait dans les Alpespendant le cours de la guerre de

i6zz ; mais M. le Prince de Consi,dans fa Campagne de 1744- a étéplus loin, après avoir surmonté lanature, & qui comme de concertavec l’Ennemi, combattoit contrelui , après avoir poussé ses con-quêtes jusques à Coni, ne pou-vant passer outre à cause de la ri-gueur dc la saison, après avoirenfin fait démolir Démont : il afait une retraite des plus belles ;qu’on lise ce que nous disent lesnouvelles publiques de cette bril-lante campagne, ou y trouvera,comme dans la retraite de Philippede Macedoine, des préceptes, desleçons admirables, & des précau-tions d’un tour nouveau : on ytrouvera que le Héros François nele cède en rien au Macédonien danscette partie de la guerre.

Les marches dans les montagnes,ne sont pas celles que l’on fait enFlandre & en Allemagne. Les prin-cipes en sont différens, les précau-tions tout autres, & d’un détail ex-traordinaire. C’ est particulière-ment dans les retraites de monta-gnes, où l’on peut plus aisémentqu’en toute autre situation, em-ployer la ruse, le stratagème, &les embuscades, contre lesquelleson doit être perpétuellement en gar-de, & qui font plus difficiles à dé-couvrir dans les pays de hautes mon-tagnes , que par-tout ailleurs, & ily a plus d’art qu’on ne pense à lesattaquer & à les former, & encorebeaucoup plus dans Tordre de l’at-taque ; & connue ces sortes de piè-ges sont difficiles dans T exécution,il faut encore choisir des gens capa-bles, prudens, fermes, & d’ungrand caur. On dit que les Ita-liens y font merveilleux, ce quifaisoit que M. le Duc de Vendômeleur donnoit souvent cette fusée à-déméler.

Les retraites d’Années dans leshautes montagnes ne sont qu’unebranche, mais des plus délicates,C c 4 des