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granges, écuries, étables, grottes,cavernes, carrières, & autres lieuxqui ont contracté une qualité salée.Celui-là est rare à trouver, fa cou-leur est plus brune que blanche.
II y a tl’une autre forte de sal-pêtre , qui est celui des Indes & d’au-tres Pays, qui fe trouve dans degrandes campagnes L fur des mon-tagnes qui en font naturellementcouvertes, & d’où il ne s’agit quede le tirer, & de le faire enlever.
La troisième efpéce de salpêtre fefait de la terre qui fe prend dans lescaves, celliers, granges, écuries,étables, grottes, cavernes, carrières,& autres lieux.
On fe sert aussi de platras & gra-vois provenans de la démolition deces mêmes bâtimens, que l’on ré-duit en poudre, à force de les bat-tre & écraser.
L’attelier où se fait ce derniersalpêtre , doit être un lieu vaste &élevé en façon de halle, soutenu deplusieurs piliers. Tel est celuiqu’on volt à l’Arfenal de Paris. Parchaque attelier il y a vingt-quatrecuviers, qui font presque sembla-bles à ceux qui fervent à couler lalessive, ils font cependant plus pe-tits, disposés en plusieurs bandes,élevés de terre environ deux pieds.
De ces vingt-quatre cuvicrs onforme trois bandes de huit cuvierschacune. On met deux boisseauxcomblés de cendre de bois neuf aufond de chaque cuvier de la pré-miere bande, L l’on emplit de ter-re le reste du cuvier. Une plusgrande quantité de cendre mange-roit le salpêtre. On met un bou-chon de paille fur le haut de laterre.
Sur la seconde bande on met deuxboisseaux ras de la même cendre,& le bouchon : & fur la troisième,on fe contente d’en mettre un bois-seau & demi dans chaque cuvier.
Les cuviers étant remplis de ter-re <St de cendre, on verse ÙH la pré-
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miere bande de Peau de puis, deriviere ou de citerne, car cela estindifférent, environ ce qu’en peu-vent tenir dix futailles, qu’on ap-pelle vulgairement demi-queuës.
Cette eau s’imbibant dans la ter-re coule par un trou qui est au basdu cuvier, dc qui n’est bouché quede quelques brins de paille, & tom-be dans un baquet disposé pour larecevoir.
Toute la quantité s’écoule ordi-nairement dans l’efpace d’un jour,quelquefois cela va jufqu’au lende-main, suivant la qualité des terres.
La prémiere bande ainsi lessivéeproduit huit demi-queuës d’eau, quel’on porte fur la seconde bande, la-quelle étant lessivée de la même ma-niéré, rend la valeur de six demi-queuës , qu’on porte fur la troisiè-me bande, qui n’en produit que »quatre.
On décharge cette prémiere ban-de. On en ôte la terre & la cen-dre, que l’on jette dans un lieucouvert, comme un hangard, pouren amender la terre.
On recharge cette bande de terreneuve avec trois boisseaux de cen-dre, pour faire ce qu’on appelle lacuite. On prend les quatre demi-queuës d’eau qui font provenuës dela derniere bande, on les verse furla prémiere bande renouvellée, quin’en rend que deux, ôc que l’on metdans la chaudière.
Sur la seconde bande on met del’eau de puis pure, la quantité desix demi-queuës, qui est un jour &un peu plus à passer ; ce qui Rap-pelle le lavage.
Cette eau passée, on la jette furla troisième bande, cela s’appelleles petites eaux. Quand ces petiteseaux font écoulées, on les reportefur la prémiere bande, dont on alevé la cuite, & cela s’appelle leseaux fortes. II en fort quatre de-mi-queuës. O11 ne fait pas tout
passer,