S A L
S A L
86 -
passer, en cas qu’il en reste au-delàde ces quatre demi-queuës.
On recharge ensuite la secondebande de terre neuve, pour refai-re une seconde cuite. On continueainsi pour la troisième.
Deux tombereaux de terre peu-vent charger huit cuviers de cuite.Pour deux cuviers, il faut, si l’onveut, se servir d’un seul baquet ap-pelle recette, pour recevoir leseaux, en le faisant allez grand, &creusant la terre pour le placer.
Les deux demi-queuës d’eau pro-venuës de la prémiere bande se jet-tent dans une chaudière de cuivreassez grande pour recevoir, non-seulement cette prémiere décharge,mais encore les deux demi queuesde la cuite de la seconde bande,ce qui fait ensemble Peau de seizecuviers.
La chaudière dont je viens de par-ler, doit être bien maçonnée, &dressée fur un fourneau de brique,dans lequel on fait un feu continuelde bûches, asin que la matièrebouille toujours également.
Elle bout vingt-quatre heures, Lpour connoître si le salpêtre est for-mé , on laisse tomber une goutte oudeux de cette eau fur une assiette,ou fur un morceau de fer, & s’il fecongèle comme une goutte de suifou de confiture, c’est une marquequ’il est fait.
Le salpêtre brut ainsi achevé, onle met en égout, & l’on penche lesbassins où il est. L’eau qui en pro-vient s’appelle les eaux amères , &elles servent à recharger les cuviersque l’on a renouvelles de terre neu-ve. On en met un petit seau surdeux ou trois cuviers. Pour le sal-pêtre brut, quand il est égoutté,les Salpétriers le portent à la ra-sinerie.
On le jette dans une chaudièredestinée pour cet usage, qui est dispo-sée comme l’autre sur un fourneau.On y en met deux mille deux ou
870
trois cens pesant à chaque fois, &pardessus trois bardées, ou troisdemi-nuiids d’eau.
Quand le salpêtre est fondu, cequi le fait en deux ou trois heures,on jette dedans une crtichée deblancs d’œufs, ou de la colle depoisson, ou une certaine dose devinaigre ou d’alun.
On y ajoute une bardée d’eau,qui fait la quatrième en plusieursfois, afin de faire surmonter lagraisse & l’ordure qui s’écumentsoigneusement, & après en avoirbien nettoyé la superficie, en sortequ’il ne reste plus d’écume, on tireaussi tôt le salpêtre, & ou le mettout d’un coup dans des bassins, oùon le laisse congeler pendant cinqou six jours, après quoi on placedes Bassins fur des tréteaux pour lesfaire égoutter fur des recettes, &l’eau qui en provient se jette encoreune fois dans la chaudière pour lafaire bouillir jusqu’à ce que le selse produise a u fond, & que la fon-te soit parfaite.
C’est dans .ces deux prémierescuites qu’ontire tout le sel qui peutêtre dans le salpêtre : il se fait en-core une troisième cuite de la mê-me maniéré que la précédente, maisaux eaux de cette derniere, il nefe doit point trouver de sel, &quand iî s’y en trouve, c’est que lesalpêtre est mal rafiné.
De la prémiere cuite fort le sal-pêtre brut. La seconde produit lesalpêtre appelle de deux eaux. Latroisième fait le salpêtre de troiseaux en glace. Si l’on veut mettrelc salpêtre en roche, on le fondfans eau, & si-tót qu’il est fondu,on le tire, & on le laisse refroidir.
A la rasinerie de Paris, on usedix-huit pintes de blancs d’œufs parjour fur cinq milliers de salpêtre.Voilà tout ce qui peut regarder fafabrication.
La bonne qualité du salpêtre estd’être dur, blanc, clair & tranf-Ee L parent,