S A L
S A L
884
88z
rant le canon, en passant à I’arrié-re du Vaisseau qu’on salue & enmettant le canot à la mer. Touteslesquelles choses néanmoins se fontlibrement óc non en vertu d’aucundroit qui y contraigne. Les Navi-res de guerre des Têtes couron-nées répondent au salut de ceux desRépubliques, ou d’un pareil nom-bre de coups, ou d’un moindrenombre, selon que 'les Comman-dans font plus ou moins civils.
Ceux qui entrent dans un portétranger font obligés de saluer dela maniéré établie par les Souve-rains du lieu, à moins qu’il n’y aitquelque traité particulier entre leSouverain du lieu & le Souveraindes Vaisseaux qui arrivent. Le sa-lut se fait de quelques volées de ca-non, fans amener ni le pavillon niles voiles, après que l’ancre estmouillée & que les voiles font fer-lées. Les Seigneurs ou Comman-dans du lieu répondent au salut, oude pareil nombre de coups ou d’unmoindre nombre, & cela par civi-lité & fans aucune obligation. Onne baisse jamais ['enseigne de poupeque lorsque les Vaisseaux ont étévaincus & pris. II semble que lesalut du pavillon est plus humbleque celui de la voile, puisque lesRois le relâchent plus volontiers furle dernier que fur le premier. LesVaisseaux Marchands rencontrant enmer des Vaisseaux de Guerre les sa-luent du canon s'ils font d’une Na-tion avec qui ils ne font point enguerre. Dans tous les Ports on faithonneur aux Officiers GénérauxEtrangers de leur répondre des Châ-teaux & Forteresses d’un pareilnombre de coups, mais 011 répondd’un nombre beaucoup moins aux(impies Capitaines, & quelquefoison ne leur répond point du tout.Kn Portugal on salué l’Amiral ouïeVice-Amiral des Provinces-Unicsdu même nombre de coups qu’ilsont salué. On n’amenc jamais les
Haines quoi qu’on rencontre desVaisseaux, devant lesquels on acoutume d’aniencr pavillon. Lors-qu’on baisse le pavillon, on n’ame-11e point la voile, comme étant in-utile de baisser tous les ^eux en-semble. On salué plus souvent desvoiles que du pavillon, parce qu’ily a peu de Vaisseaux qui portentdes pavillons. Les Navires deguerre des Provinces-Unies ne por-tent plus guéres de pavillons afind’éviter tout différent.
La République de Venise a lerang devant toutes les Républiquesde l’Europc, comme étant la plusancienne, desorte que les Vaisseauxdes Provinces-Lhiies saluent les pre-miers les Vaisseaux Vénitiens quileur rendent pareil salut, ce quidoit s’entendre d’égal à égal Vais-seau, car un Navire de guerre Vé-nitien salue le premier un Vaisseaupavillon Hollandois. Les Naviresde guerre des Provinces-Unies at-tendent le salut de ceux de Genes &de$ autres Républiques, & s’ils lefont on le leur rend, ou d’un pa-reil nombre ou d’un moindre nom-bre s’il y a lieu.
Quand il arrive des VaisseauxEtrangers dans un Port, où il y adéja d’autres Vaisseaux aussi Etran-gers , égaux à ceux qui arrivent, ouau-dessus & non autrement, la cou-tume est que ceux qui arrivent fontle salut. Ce n’est pas que personnesoit tenu de rendre aucun honneurà des Etrangers dans un Port étran-ger , si ce n’est qu’il le veuille bienfaire, quoique les Etrangers quifont dans le Port soient d’une qua-lité au-dessus de ceux qui arrivent.Ce n’est qu’en entrant dans un Portqu’on est obligé de saluer les For-teresses & Châteaux, mais non pasen sortant : cependant cela se pra-tique souvent par civilité.
Quants les Navires de guerre seséparent en mer, c’est le plus jeuneCapitaine qui salué, & on lui ré-pond