Band 
Tome II.
Seite
887-888
JPEG-Download
 

85 ?

S A N SAP

SAP

88î

SANGLES: c’est un entrela-cement de bittord qu’on met endif-férens endroits d’un Vaisseau, com-me fur les cercles des hunes, furles premiers des grands haubans &ailleurs. Ces fortes de sanglesempêchent que les manœuvres nefe coupent.

* SANGLONS, Terme demarine ; Ce font des pièces debois triangulaires qui fe posent parl une de leurs extrémités fur la troi-sième partie de la quille d’un Vais-seau vers barrière au lieu de varan-gues. L’autre extrémité fe jointavec des genoux qu’on appellerévérs.

SAPE : c’est un enfoncementou descente que l’on fait fous lesterres, en les taillant par échellesde haut en bas, en forte qu’on yest à couvert de côté, & pour fecouvrir par en haut on jette desmadriers, ou des claies couvertesde terre par le travers de la sape.

Autrefois le mot de sape signifioitun trou, qu’on faifoit fous un édi-tìee pour le démolir. Le travaildes sapes est fort lent, & la têtetoujours très-dangereufe : on n’ypeut jamais employer un grandnombre de Travailleurs, c’est cequi donne le loisir à l’Ennemi devenir par des contre-mines fairesauter la tête des sapes.

On distingue cinq sortes de sapes.La sape entiere, la àcnú-sape , lasape volante, la double sape , & lasape couverte.

La sape entiere fe faifoit autre-fois par un seul homme, qui aprèsavoir fait un trou de trois pieds deprofondeur fur trois de largeur, oùil le trouvoit à couvert, continuoitensuite sur ['alignement qu’on luiprescrivent, en jettant toujours lesterres du côté de la Place. Ce tra-vail e'toit extrêmement long, &quand on vouloit s’en servir , onemployois des années entieres pourun Siège.

Aujourd’hui la sape entiere fefait par des Sapeursqui posent àcouvert des gabions, dont ils fer-ment les entre-deux avec des sacs àterre, ou des fagots de sape, &qu’ils remplissent de terre à mesurequ’ils les ont posés, faisant unetranchée de trois pieds de pro-fondeur , fur autant de largeur,que les Travailleurs viennent en-suite agrandir.

La àmn-sape est lorfqu’on pose àdécouvert une certaine quantité degabions fur un alignement donné,& qu’après en avoir formé les en-tre-deux avec des sacs à terre, oudes fagots de sape , on travaille àles remplir.

Ces deux sortes de sapes font àprésent les plus usitées. La pre-mière , lorsque le feu de la Place estviolent : óc la seconde, lorsqu’onpeut éteindre le feu par le moyendes Batteries, qui ruinent les défen-ses de l’Ennemi, & l’empêchentd’incommoder les Travailleurs.Lorsqu’on est près de la Place, onfait remplir les gabions de bois &de branchages avant de les poser,pour mettre les Sapeurs plus àl’abri.

La sape volante est lorfqu’on tra-ce tout l’ouvrage avec des gabions,& que fans y avoir mis auparavantles Sapeurs pour les remplir, on yfait aller les Travailleurs, quiapprofondissent & forment la tran-chée de la grandeur dont elle doitêtre. Cette maniéré ne peutgueresfe pratiquer que la nuit, & lors-qu’on est encore loin de la Place.

. La double sape est lorsqu’on estobligé de se couvrir des deuxcôtés, pour éviter d’être vu dePEnnenii.

La sape couverte est un cheminqu’on fait fous terre pour mettreles Sapeurs à couvert des grenades,;t l’approche des ouvrages qu onveut attaquer. On ne laisse par-dessus que deux pieds de terre,