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SAP
SAP
qu’on soutient s’il en est besoin, &qu’on fait tomber quand on veut.Cette sape, qu’on ne met guéres enpratique, peut être très-utile danscertaines occasions, pour cacher sondessein à l’Ennemi.
Les Sapeurs font ordinairementdivises en Brigades de 6. ou 8- per-sonnes. Le premier qu’on appelleChef de sape, fait rouler devant lui'un mantelet dont il fe couvre, &pose à son côté un gabion, qu’ilremplit en même tems de terre, eucreusant un pied & demi de profon-deur sur autant de largeur. Ce ga-bion rempli, il en avance un autresur l’alignement marqué, «Scierem-plit, en continuant toujours de lamême maniéré.
Le second Sapeur pose trois fasci-nes fur les gabions, remplit & ap-profondit l’ouvrage du premier d’undemi-pied, i’élargissant de même.Les entre-deuxdes gabions doiventêtre fermés par des fagots de sape,ou par des sacs à terre.
Le troisième agrandit l’ouvragedu second d’un demi-pied de lar-geur, «Sc d’autant de profondeur;dc le quatrième fait la même chosepar rapport à l’ouvrage du troisiè-me ; ce qui met le travail à troispieds de profondeur, & trois delargeur.
Les deux ou quatre Sapeurs re-stau s portent pendant ce tcms-là lesgabions, fascines, sacs à terre, oules fagots de sape , à ceux qui tra-vaillent , & fe tiennent toujours enétat de prendre la place de ceux quipeuvent être tués ou bielles.
Lorsque les Brigades ne font quede six Sapeurs, il faut en mettredeux à chaque sape pour fe releveralternativement : mais Iorsqu’eìlesfont de huit ; un seul suffit, parceque les quatre derniers qui ne tra-vaillent point, peuvent prendre laplace des premiers, lorsqu’ils fetrouvent fatigués.
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Chaque Sapeur doit devenir à sontour Chef de sape, pour partagerégalement le danger. Les outilsque chacun doit avoir font, unefourche de sape pour placer le ga-bion fans fe trop découvrir, un cro-chet pour Parranger, une masse,pour battre les piquets du gabion,& les mieux faire tenir, une pio-che pour creuser la terre, une pellepour la jetter, une jauge de Jape,pour mesurer l’excavation qu’ilfait.
La sape va nuit & jour, & nediscontinué jamais. On peut mêmeen faire plusieurs à la fois, pouravancer l’ouvrage. Ainsi supposéqu’on veuille presser la derniere pa-rallèle, ce qu’il est important defaire, on marque l’alignement qu’onveut lui donner, & l’on met en-suite sur cet alignement trois ouquatre sapes détachées, qui poussantleurs travaux, viennent à se rejoin-dre, on fait la même chose pourchaque retour de la tranchée.
A mesure que les Sapeurs ont finiquelques parties de leurs ouvrages,on y envoye les Travailleurs, quilui donnent 12. toises de largeur sic’est la tranchée, 15. si c’est la se-conde parallèle, & ,8- si c’est latroisième. On met sur le parapetde celle-ci, & de tous les ouvragesqui font près de la Place, des sacsà terre, qui laissent entr’eux 1111cpetite ouverture à pouvoir passer lefusil, & oh les couvre par-dessusd’autres sacs, afin de tirer fur l’En-nemi fans être vu.
La sape fáfit une partie considéra-ble de la tranchée, & on entendpar sape la tête d’une tranchée, quel’on pousse pied à pied, qui chemi-ne jour & nuit également. En ap-parence elle avance peu ; maiselle fait beaucoup de chemin, parcequ’elle marche toujours. Pour ferendre habile dans le métier dessapes il fuit de ['apprentissage. UnSapeur v excelle bien-tòt, quand
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