S E N
S E N
9i 9
riots charges de foin, ou d’autreschoses, dans lesquelles on auroitpucacher quelques Soldats pour 1111esurprise, elles doivent aulli-tôt enavertir le Corps de Garde de la de-mi-lune, lequel avertit celui de laporte intérieure. On doit faire en-suite un détachement pour les allerreconnoítre, les visiter avec toutel’attention possible, & examinersur-tout si les Charretiers ou autresConducteurs n’ont point d’armescourtes cachées fous leurs habits.Après avoir averti le Gouverneurde l’arrivée de ces chariots, s’il or-donne de les laisser entrer, on doitobserver que ce ne soit que deuxou trois à la fois ; ensorte que lacommunication ne soit jamais en-tièrement occupée ni embarrassée.11 faut sur-tout avoir attention auxponts-levis, aux bascules & auxbarrières. Les Sentinelles n’y doi-vent jamais laisser arrêter personne,ni quoi que ce soit ; elles doiventde plus obliger les voitures, leschevaux & les personnes qui ypassent, de ne le point faire encourant.
Outre les Sentinelles qui font ti-rées du Corps de Garde de la portepour être employées, comme nousPavons dit, ce poste eir fournit en-core fur les remparts : elles y fontposées pendant le jour fur les anglesfailians des Bastions, pour décou-vrir ce qui se passe dans les dehors<& à la Campagne, & pour prendregarde au canon qui est fur la bar-bette, fur laquelle ils ne doiventlaisser monter qui que ce soit, queceux qui en ont le droit pour faireleur fonction, comme les Officiersd’Artillerie, & les Ingénieurs, les-quels néanmoins doivent s’y faireconduire par le Caporal du poste.
Ces Sentinelles ne doivent aussilaisser passer aucun Bourgeois, niEtranger fur les remparts, à moinsqu’ils n’y soient conduits par quel-ques Fusiliers ce qui marque
920
quec’est avec la permission'du Gou-verneur, qui ne la doit accorderqu’avec beaucoup de circonspection,parce que tout lui doit être suspect.La nuit on pose des Sentinelles surtous les angles & au milieu descourtines, & alors il n’y a plus queles Officiers qui font la ronde, quipuissent y passer.
II y a aussi plusieurs endroits en-dedans de la Ville ou l’on doit met-tre des Sentinelles, que l'on tire desCorps de Garde qui en fout le plusà portée, fçavoir aux portes duGouverneur, du Lieutenant de Roi,de l’Evêquc,des Maréchaux de Camp,& des Brigadiers ayant Lettres deservice, des Directeurs & des In-specteurs Généraux, del’Intendant,du Commissaire Provincial desGuerres, du Trésorier de l’Arse-nal, de tous les Magasins à poudre,d’artifice & des vivres, & fourra-ges, de l’Hópital, des puits, des ci-ternes publiques, & de la prison.Toutes ces Sentinelles ont des con-signes, suivant le lieu où elles fonten garde.
Quand Gouverneur entre oufort, la Sentinelle doit avertir leCorps de Garde, en criant : alerte,voilà le Gouverneur. Auísi-tòt laGarde doit se mettre en haie, sansarmes, à moins qu’il n’ait la digni-té de Général. En ce cas elle lesprend & lui rend les honneurs quilui font dûs suivant sa dignité. Onen use de même pour le Lieutenantde Roi : mais on ne bouge pointpour le Major, à moins qu’il necommande dans la Place. Danscette circonstance lui ou tel autreque ce soit, jouissent des mêmeshonneurs.
S’il entre ou fort aussi quelqueOfficier Général, ayant Lettre deservice, la Garde en use aussi à sonégard suivant sa dignité. O11 prendencore les armes pour les Cardi-naux, óc quelques Généraux d’Or-dre ; mais sur-tout si le S. Sacre-ment