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Tome II.
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hommes ne pourroit pas attaquerune Place où il n’y en suroît que1000. parce que les circonvallationsse réglant sur la portée du canon dela Place, & sur les défauts & lesavantages des environs, on est con-1 trahit de la faire aussi étendue pourles petites que pour les grandes Ar-mées. II n’y a point de circonval-lation fì petite qu’elle soit, qui n’aitau moins cinq lieues communes deFrance, par la supputation de tousles habiles Ingénieurs, & une Ar-mée de to. à 12000. hommes n’ypourroit pas fournir en servant àtoutes les attaques & aux autres cor-vées d’un siège.

SIE'GE à la maniéré des Turcs.

Le Turc ne procede pas dans lessièges de la même maniéré que lesAlíemans & nous. II ne prendpoint de Places éloignées les unesnés autres : il attaque de procheen proche, dé ne s’ainuse point àdesentreprises de peu de conséquence.

II ne fait point de lignes de cir-convallation à son Camp, mais ill’aílùre dt le couvre par le grandnombre de fa Cavallerie.

II ne conduit point ses tranchéespar la ligne la plus courte, en lesflanquant avec des redoutes de di-stance en distance, mais il les faiten lignes courbes traversales, pa-rallèles à l’endroit d’où il Rappro-che Óc les multiplie P une derrierel’autre : ainsi elles ne peuvent êtreensilées de la Place, ni endomma-gées par le canon.

Leurs tranchées font plus profon-des & plus larges que celles des Al-lemans & les nôtres. Ils s’y logentcommodément & sûrement, jusqu’àcreuser dans le parapet des niches,pour être plus à couvert de lapluye.La communication d’une tranchéeà l’autre en est plus facile & plusassurée.

Le Turc ne change point les Gar-des, ni les Travailleurs, quandils font une fois entrés dans les po-

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stes, ils y demeurent jusqu’à la findu siège. Ils font en chaque en-droit en plus grand nombre que n’esttoute là Garnison Ennemie ensem-ble, & également forts à la tête, àla queue & aux côtés. On leur ap-porte là leur nourriture, de Peau,du bois & leurs autres nécessités.

Comme le Turc a beaucoup d’Ar-tillerie & de grand calibre, il romptles murailles & les remparts avecdes batteries qui tirent fans relâche,il saigne les fossés, en détourne leseaux, les remplit avec de sacspleins de fable ou de laine, avecdes fascines, des faufilions & d’au-tres matières.

II fait des galeries, pousse devantfoi des montagnes de terre , capa-bles de tenir plusieurs canons, &égales à la hauteur des murailles &des remparts de la Place assiégée, oumême plus hautes.

II creuse des mines simples, dou-bles & triples, Pline fur l’autre, &qui font très - profondes. II lescharge de t2o. de 150. barils de pou-dre & davantage, ou bien il sapeà la maniéré des Romains les murspar le fondement, les étaye avec lebois, puis y met le feu. II faitainsi tomber de grands pans de mu-raille tout d’un coup. II fatigueles Assiégés par des assauts conti-nuels & opiniâtres.

Ces ouvrages qui feroient pourles autres d’un travail infuportable,font faciles pour le Turc, à caused’un nombre infini de ses Pionniers,dont une partie fuit T Armée, uneautre est tirée par force des Payscirconvoisins, & la troisième estcomposée des volontaires du Camp& des Paysans qui viennent s’oftrir,& qui outre le présent qu’on leurfait pour ces fortes d’ouvrages,sontencore régulièrement payés.

Ali Hacha au siège du grand Va-radin , donna pour les lignes d’ap-proche & autres travaux de cetteforte plus de 30. mille écus. Ainfi

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