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Tome II.
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les ouvrages font bien-tót achevés,& les Janissaires n’ont point d’au-tres foins que de bien combattre,excepté la prémiere ouverture de latranchée & la prise des postes oùils suivent leur Aga, qui marche àleur tête, enseignes déployées: lereste du travail, comme de creuser,d’élargir & de couvrir les tranchéesfe fait par les Pionniers.

Après que les lignes font ache-vées , & que l’Assiégeant attaque laPlace par tranchées, batteries, des-centes, passages des fossés, mines,sapes & assauts, au moyen defquelsil ruine les défenses de la Place,passe les fossés, fe rend maître desdehors, & ouvre enfin le passagede son Corps, dans lequel il avan-ce ses logemens jusqu’à ce qu’il aitréduit l’Ennemi dans la nécessitéde fe rendre ou de fe> voir tailléen pièces, on appelle tout ce travailsiège royal.

Les Turcs en assiégeant une Pla-ce vont premièrement la reconnoî-tre, & choisissent ensuite l’endroitle plus propre à PAttaque. Dès quele lieu de P Attaque est choisi, ilspartagent l’opération du Siège euSoldatesque, en Armet, en Pionniers& Travaux.

La Soldatesque est composée desJanissaires, & de P Infanterie To-pracìy, c’est-à-dire, des Provinces.Les Janissaires veulent avancer lesprémiers fous la conduite des Offi-ciers de leur Oda. Une Compa-gnie qui est entrée dans les Appro-ches n’en fort plus que tout ne soitfini. Cependant ils ne font obligésque d’y rester quarante jours.

Outre les armes portatives, lesTurcs fe fervent encore de canons& de mortiers qu’iís font conduirepar des bustes, des boeufs, des che-vaux, & des mulets.

Outre les Pionniers , à qui ondonne de Pemploi, & les Charpen-tiers qui travaillent aux batteries,ou autre part, où leur service est

nécessaire, on se sert encore des Sa-phir , des Zaims & des Timariots.Ceux-ci portent à pied les fascines &les gabions, & travaillent même hcreuser la terre, soit pour les bat-teries, soit pour les tranchées, par-ce que lorsque les Janissaires ontsuffisamment avancé les approchespendant la nuit » pour fe couvririls ne veulent plus travailler. Ouy supplée par d’autres gens , quicontinuent les autres travaux néces-saires au Siège.

Les Approches, comme je lai dit,font des fossés dont on jette la ter-re du côté de la Place pour se met-tre à couvert du feu des Ennemis,& l’élévation de cette terre avec cequi est creusé, forme le boyau, Leprincipal c’est de les bien diriger,c’est-à-dire , d’e'viter l’enfilade desbatteries des Assiégés.

Les Turcs ne sçavent point pré-venir ces inconveniens, faute d’a-voir parmi eux des gens expérimen-tés. Les Capitaines veulent eux-mêmes être les Direéteurs des Tra-vaux, & avec une baguette à lamain ils imitent nos Ingénieurs.

Outre cela le Parapet des Tra-vaux n’est point applani, & encoremoins les fossés font ils droits. 11sles divisent en deux sous dissérensnoms, l’un est nommé Meteriz ouBoyau, qui va presque en ligne pa-rallèle à la courtine du Bastion qu’onattaque. Et l’autre qu’ils appellentSigian- Jol, c’est-à-dire, à propre-ment parler chemin des taupes, estcelui de communication parallèle auprécédent.

Aux extrémités des flancs des Ap-proches, ils font une espèce de demicercle, que nous appelions crochets& qu’ils nomment Joffek Tabiesci,ou batteries de mousquets, avec les-quels ils fe couvrent. On les unitensuite pendant le jour aux Appro-ches postérieurs, de manière qu’ilsrenferment toutes les attaques du