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voit le Roi, & ce fut par ce moyenque Philippe Auguste se tira d u dan-ger où sa valeur i’avoit expose.
Si l'usage des signaux avec les En-seignes se rétablissoit, on en pour-roit avoir de très-propres à expri-mer beaucoup de manoeuvres qu’ilseroit nécessaire qu’une Armée exé-cutât promptement & selon que lesoccasions s’en préscnteroient. Lessignaux peuvent être répétés dansune Armée. Par leur moyen unGénéral se trouveroit bien plutôtinstruit de ce qu’il faut qu’il sea-che, qu’en envoyant des Aides - de-Cainp.
II arrive tous les jours qu’unepartie d’une Armée est victorieuse,tandis que l’autre partie foudre.Un Général, qui par les Enseignesverroit d’un coup d’ceil la situationoù se trouveroit son Armée, pour-roit se déterminer sur ce qu’il au-roit à faire. Le teins qui se perd àenvoyer prendre langue, fait man-quer les occasions de faire des ma-nœuvres, desquelles dépend souventla victoire ; & un Général, quel-
que habile qu’il soit, se trouve bat-tu, pour n’avoir pas été instruit àteins de la situation des choses. DesTrouppes qui plient, ont besoind’ëtre soutenues par d’autres. Sicela n’est pas fait à tems, un petitdésordre en produit un grand, &bien tôt s’ensuit la déroute entiered’une Armée. Cette réflexion estde l’Auteur du commentaire sur lesEnseignes.
Si les signaux des Enseignes nesont plus en usage parmi nous, lesínstrumens guerriers en servent, &annoncent par leurs différais sons,les différentes actions militaires.Les signaux ont été inventés par lesNations, asm que par eux une Ar-mée pût connoître & exécuter lesvolontés de celui qui commande.
Outre ces signaux des Enseignesles Anciens avoient encore d’autresJìgnaux muets , c’étoit lorsqu’ un
Général pour faire quelques com-mandemens agiffoit de la main ouavec son bâton de Commandant, ouremuoit d’une certaine façon lespans de fa robe. Cela sc pratiqueencore aujourd’hui.
C’est par ces signaux que tous lesSoldats, fans exception, manœu-vrent dans leurs quartiers, dans lesmarches, & dans tous les exercicesdes Camps. Des Corps séparés sedonnent aussi à connoître par la su-niée pendant le jour, & par le feupendant la nuit, ce qu’ils ne peu-vent se faire Içavoir autrement.
Autrefois on sospendoit sur lestours des Villes ou de Châteaux degrosses pièces de bois, qui en s’élé-vant & s’abaissant, indiquoient cequi s’y passoit.
II y a encore deux autres sortesde jìgnaux , les vocaux & les demi-vocaux , les vocaux sont ainsi appel-les de la voix humaine, qui les for-me. Tels sont les mots pour lesGardes & pour le combat. Cesmots sc changent tous les jours,afin que l’Ennemi les ignore, & quesc s Espions ne puissent pas s’en ser-vir pour roder impunément dansun Camp.
Les jìgnaux demi-vocaux sc com-muniquent par les Ínstrumens mili-taires. C’est par des bruits connusde ces Ínstrumens, qu’une Armeesçait tout d’un coup si elle doit s’ar-rêter ou s’avancer, s’il faut pour-suivre loin l’Ennemi ou se retirer.
SIGNALEMENT: ce motse dit des signes & des marques vi-sibles qu’un soldat a, soit au visa-ge & à la tête, soit aux bras, auxjambes &au Corps. Le signalementde tout Soldat, Cavalier & Dragonest écrit fur le livre du Major ; &ce signalement est envoyé au Bureaude la guerre, aux Prévôts des Ma-réchaussées, ou à leurs Lieutenansou Exemts de la Province & Ville,dont sont les Soldats qui désertent.
SIGNAUX