Band 
Tome II.
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957-958
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La quatrième faute provient dela disposition des Quartiers & dcl’ordonnance des circonvallations,qui pour être situes l’un ou l’autretrop près ou trop loin de la Place,ou pour ne pas bien remplir l’efpa-ce, ou occuper le terrein qui luipeut être le plus avantageux, laissesouvent de grands jours à l’Ennemipour la facilité des secours.

SIF L E M E N T , le siflementdes armes à feu : c’cst le bruit qu’el-les font dans Pair, quand on tire.

SIF L E T : c’est un petit instru-ment avec quoi on sisle quelquefoispour appeller , soit fur mer, soitfur terre, ou pour avertir les gensd’un Equipage , ou une Trouppedispersée. Mais le sillet rfest guéred’ufage que fur les Vaisseaux. Lesinstrumens de guerre, comme leTambour & la Trompette font faitspour rassembler les Trouppes.

SIGNAL DES ENSEI-GNES: P Antiquité a fait usagede tous les signaux qui peuvent êtredonnés par le moyen des Enseignes.Ces signaux excitoient des pallionsdisse'rentes dans le cœur des Soldats.Si dans une bataille la victoire com-mençoit à fe déclarer pour l’un desdeux Partis, les Enseignes du Partiqui avoit le deflus , s’inclinoicntvers le Parti qui avoit le dessous.Cette manœuvre servoit à redoublerle courage du Soldat à demi-viclo-rieux, dans P espérance qu’en ache-vant de vaincre P honneur óc leprofit le récompenscroient de scspeines.

Dans une Armée qui sc trouvoitpressée quand le Soldat plioit, lesEnseignes se haussoient & s’agitoientpour lui faire connoître que le suc-cès du combat étoit douteux, &qu’il n’y avoit que la constance &h fermeté qui pussent déterminerla viòtoire.

Si une Trouppe en combattantparoissoit s’e'branler assez pour fai-re craindre qu’clle né fût bien - tót

rompue, on jettoit son Enseigne aumilieu dc l’Ennemi, il arrivoitsou-vent que cette aélion ranimoit leSoldat prêt à fuir, ou le deternii-noit à le rallier dc à combattre endésespéré, pour tacher de regagnerson Enseigne.

On a vu sous Louis XIV. (je neme souviens plus dans quelle ba-taille) un Soldat pour avoir jetteson chapeau au milieu des Enne-mis, les avoir épouvantés par l’idéequ’ils avoient qu’il venoit du se-cours aux François. Ce signal im-prévu ranima nos Soldats, & parPheuretix stratagème d’un Soldat audésespoir que la victoire nous écha-pât, elle pencha de notre côté aumoment que nous allions la perdre.

Quand la victoire étoit douteuse,on sçait que les Romains pour laremporter n’avoient point d’autresressources que de jetter leurs Ensei-gnes au milieu de leurs Ennemis,cette action ranimoit leurs Légions,qui ne lortoient point ordinairementdu combat que couverts de lauriers.Plusieurs de leurs Généraux, com-me les Decius - Mus sc sont auslì jet-tes au milieu des Ennemis, pour yexpirer sous les coups, & procurerla victoire à leur Patrie, en s’iin-molant pour elle.

Notre histoire nous apprend quequelques uns de nos Rois s’étanttrouvés dans le danger en combat-tant à la tête dc leur Gendarmerie,l’avoient fait connoître dans touteP Armée par le signal qu’en donnoitun Etendant, dont ils étoient suivis.A ce signal les plus braves ne man-quoient pas de venir à son secours.

A la bataille de Bovines en Pan12,14. o u les François combattoientcontre les Allemans & les Flanians,Philippe Auguste sc trouva extrê-mement pressé par le grand nombred’Ennemis dont il étoit environne.L’Officier qui portoit /’ Etendantroyal, si t connoître plusieurs foisavec cet Etendant le péril où sc trou-voit