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M. le Chevalier Folard, trouverl’origine des Soldats étrangers, oumercenaires, & les premiers Roisou Re'publiques qui se servirent deces sortes de Trouppes, ne seroitpas peu embarrassé. II faut remon-ter bien haut, & percer bien loindans les siécles les plus reculés.Quels que puissent être ceux quis’en font les prémiers servis, ilsn’étoient pas fort sages.
Un Etat qui use d une telle poli-tique ne sçauroit être de longue du-rée, dit l’Auteur que je viens deciter. Si nous n’y étions pas ac-coutumés nous trouverions fortétrange que certaines nations sevendissent à d’autres pour de l’ar-gent, dc se fissent tuer pour vivre.Philippe, Roi de Macédoine, dontles années n’étoient composées quede ses propres sujets, disoit de cessortes de Soldats, qu’ils n’avoientd’autre métier pour gagner leur vie,que de porter les armes pour ceuxqui leur faisoient le meilleur parti :que la guerre étoit leur paix, & lapaix leur guerre, c’est-à-dire, quelorsqu’ils ne l’avoient pas dans leurpays, ils Palloient chercher dansun autre.
Les plus grands Hommes anciensdc modernes, e’est-à-dire les plusgrands Guerriers n’ont jamais faitgr .nd cas des Trouppes étrangères,quoique les Vénitiens se servent deces sortes de gens plutôt que deleurs propres sujets. Que s’ils s’enfont bien trouvés jusqu’ici par uneespèce de prodige, du - moins fansaucune révolte considérable, celane prouve pas qu’ils ne puissentéprouver quelque jour un fort sem-blable à celui des Carthaginois aprèsla préinicre guerre Punique par larébellion des Soldats étrangers, qu’ilsavoient à leur solde, qui les rédui-sirent plus d’une fois aux dernièresextrémités.
Les Soldats mercenaires ne íbntpas plus braves que les propres su-
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jets des Princes qu’ils fervent, lors-que ces derniers font bien discipli-nés : car ceux-ci ont plus de rai-son de bien faire, que n’en ont lesautres. On n’a pas vu que les Suis-ses du tems de François I. ayentmieux fait que ses propres sujets,outre qu’il leur est arrivé quelque-fois de se mutiner, & de refuser lecombat. Depuis ce tems-là on n’arien vu de semblable. C’est de tou-tes les nations la plus sage, & laplus sidelle, & dont les moeurs ap-prochent plus des tems antiques.
En général, continué notre Au-teur, les Soldats mercenaires coû-tent beaucoup plus, & n’observentpas mieux la discipline militaire.Ils désertent facilement lorsqu’ilscraignent d’avoir affaire contre ceuxde leur nation, ou contre ceux quileur font alliés. Les Gaulois ontété les prémiers, qui ayent fait mé-tier de la guerre, & qui ayent ven-du leur vie pour de l’argent. Oune voit pas que les Médes, les Per-ses , & les Hébreux sc soient servisdes Soldats mercenaires dans leursarmées. On ne trouve que les Sy-riens fous le régne de David , Adans le II. Livre de Rois, qui imi-tassent les Gaulois de l’Asie.
Ce que dit notre Auteur est troplong pour l’inferer ici. II finit cetarticle par dire qu’il est infinimentplus avantageux à un Prince, ou àune République de composer ses ar-mées de ses propres sujets, que derecourir aux Soldats mercenaires,qu’il faut sc bien mettre en tête,qu’il naît par tout des Soldats, oùil naît des hommes , & que s’ilsmanquent des prémiers étant bienfournis des autres, c’est la faute duSouverain. Car il n’est rien plusaisé qtie de former une excellentemilice, & des Officiers pour la con-duire, de cela en moins de tems,que l’on ne pense.
En veut-on un bel exemple. Ci-ter Pélopidas & Epaminondas, quiH h 4 d’un