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Tome II.
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995-996
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vaillcurs, de torte que l’on peut sedéfaire d’eux comme du reste, parle feu de la Place. Comme ces dé-tachemens pourroient tomber furla Cavallerie, qui auroit essarouchéles Pionniers, cette Cavallerie n’é-tant pas destinée pour combattre,doit en éviter Poccaíìon.

Si dans la défense d’une Place unGouverneur s’avifoit d’envoycrhuitou dix hommes de cœur fe saisir decetix qui sont chargés de la condui-te des attaques ; rien n’eft plus ai-sé. Ceux qui entendent le métierde la guerre, sçavent tous, que cesgens vont reconnoître presque seuls& sans bruit les endroits par oiì ilsdoivent pousser leurs tranchées, parconséquent il est très facile à huitou dix hommes déterminés de seglisser fur le ventre à la faveur deì'obscurité, de les couper par der-rière & de les prendre fans coupferir.

SORTIE chez les Turcs : jeme fuis dans l’ardde précédentassez étendu de la maniéré que lesAssiégés d’une Place font Aessortres,& de quelle façon les Aílìégeans lesrepoussent. Pour les Turcs leurmaxime principale pour la défensed’une Place, est de faire de vigou-reuses sorties bien ordonnées. C’estce qu’ils tirent au siège de Naifet ôcde tìtide, où ils avoient desTroup-pes d’élite, & en grand nombre,qui sortoientprèfque tous les matinsà la pointe du jour, fur-tout lors-qu’ils appercevoient quelque lianedes approches mal couvert, ou maldéfendu. Ils font les sorties avectant de valeur, & de précipitation,qu’on est quelquefois obligé d’aban-donner le jour, les travaux qu’on afaits la nuit.

SORTIES DES ANCIENS.I.es anciens n’en faifoient pas depetites. Ilsfortoient toujours forts,&à propos, rarement en plein jour,& presque toujours à la faveur desténèbres, qui est Pheure la plus

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commode, & la plus heureuse.Les sorties générales sont aussi ordi-naires chez les anciens, qu’ellessont rares parmi nous, car on nepeut pas en trouver aucune depuisplus de trois cens ans.

Les sorties les plus dangereuses,& les plus redoutables chez les an-ciens 'étoient celles que l’extrêmitéfaisoit naître, & lorsque la Placeétoit ouverte de toutes parts, <L lefossé entièrement comblé, c’est-à-dire, iorfqu’on étoit au momentd’un assaut. Alors le chemin quifervoit aux Aílìégeans pour attaquerles brèches, n’étoit pas moins fa-vorable aux Assiégés, parce qu’ences sortes de cas l’ennemi ne pensequ’i attaquer, & non à se défendre.11 est préparé pour l’un & 11 e Tétantpas pour l’autre, il est embarrassé,iorsqu’on tombe brusquement surlui, & de toutes parts, & qu’il setrouve lui-méme attaqué. C’est cequi arriva au liège de Lvlibée parles Romains, où ceux-ci furent en-tièrement déconcertés par la sortiegénérale que le brave Imilcon fit.

Les anciens étoient persuadés queles hommes dévoient faire des rem-parts de leurs corps, & de leurcourage , lorfqu’ils n’avoient plusque cela à faire pour défendre uneville. Ce n’est plus la mode depousser les choses aux dernières ex-trémités. La conservation d’unePlace, qui couvre toute une fron-tière est cependant mille fois plusprécieuse, que celle des trouppes,qui la défendent. Si les Juifs eus-sent connu leurs forces au siège deJérusalem, Tite l’eùt levé infailli-blement, & avec honte.

Les sorties des anciens étoient ra-res au commencement d’un siège,jamais qu’à propos, niais généralesvers la fin, & dans la derniere ex-trémité de leurs affaires, pour sefui ver par une autre. Ces sorties,dont les moindres étoient au moinsde la moitié de la garnison, doi-vent