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Tome II.
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yens que ce soit, la réussite de cequ’on entreprend : c’est de quoi netombent point d’accord les Auteursqui ont écrit du droit des Gens.

II faut que la probité & la gran-deur d’ame parodient dans toutesles actions humaines. II peut yavoir des stratagèmes plus permisles uns que les autíes. Les plusgrands Capitaines ont pratiqué lespremiers, & Annibal peut être ré-gardé comme un de ceux qui ont lemieux réussi en de semblables ma-nœuvres.

Ce Général en fit une dans lesGaules qui a été souvent imitée &qui le sera toujours. II avoit à pas-ser le Rhône, & manquant de biendes choses puur tenter ce pastage enla présence d’une Armée ennemie,dont il étoit observé, il fit semblantde vouloir rester dans son Camp :il y fit faire grands feux & beau-coup de bruit : cependant il dé-campa la nuit, & en remontant lefleuve, il l’alla passer en un en-droit, où il jugea n’avoir pointété suivi.

Cette feinte ménagée avec habile-té lui réussit, cela lui donna letemsde construire tous les radeaux depassage dont il eut besoin, & ilévita par-lh d’en venir aux mainsavec gens dont il ne connoifl'oit pasle Ravoir, <k qu’il a volt interérêtd’éviter, pour n’être point arrêtédans ces desseins.

Entre les bonnes qualités d’unGénéral, celle de sçavoir cacher sesmarches & prévenir celles des en-nemis n’est pas des moindres. Par-la on fatigue ses Ennemis, on lesdéroute dans leurs projets, <k enles leur faisant manquer, ont prendsur eux désavantagésqu’ils auroienteu, si l’on n’avoit pas feu ruser àpropos.

L’Armée du Duc de Saxe- Wey-tnar ayant assiégé Brisac en Tannéei6;z. les Impériaux s’avancerentpour secourir cette Ville. Le Duc

de Weymar de son côté avec ses Suédois, & des François joints à lui,alla au-devant des Allemands, lesdeux Armées se rencontrèrent aulieu appelle Wittenveir. Les Impé-riaux arrivés les prémiers s’empare-rent d’une hauteur, qui leur auroitdonné tout Tavantage du combat,fans un stratagème que le Comte deGuébriant , qui fut depuis Maréchalde France, & qui pour lors étoitLieutenant-Général dans T ArméeSuédoise, proposa afin de faire dé-loger PEnnemi de la hauteur.

Ce stratagème fut exécuté & eutsa réussite. Ce fut de faire mettredes tambours & des trompettes dansun bois voisin du lieu que Ton vou-loir avoir. Au bruit que firent cesinstrumens militaires, les Impériauxcroyant aller être attaqués, du côtéd’où leur venoit ce bruit, y mar-chèrent.

Auffi-rtìt qu’ils eurent quitté leurhauteur, le Duc de Weymar s’en saisit,& sçut par ce moyen se donner surTEnnemi le même avantage, quecelui-ci avoit d’abord eu sur lui.C’est THiítoire du Maréchal deGuébriant, qui fournit le récit dece fait.

• Enfin les ruse! , dont on peut seservir en Guerre, sont une des bel-les parties de cet art. Detoustemsles plus grands Capitaines s’en fontservis, & elles ont beaucoup con-tribuée à leur réputation.

Dolus an virtus , qttis in hast c re-quirat ? (Virg. Eneid. L e.)

Un habile Général, entre autresstratagèmes dont il use, épie les oc-casions que Tennemi court la Cam-pagne & se disperse, pour envoyersur lui des détachemens de Cavalle-rie ou d’Infanteric, lui dresse desembûches bien secrettes aux passagesdes rivières, aux gorges des mon-tagnes , aux défiles des bois, furiesmarais, & fur les chemins propresà ces entreprises.

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