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II régie si bien ses marches, qu’ilfond fur i’Ennemi aux heures qu’ilrepa'it ou qu’il dort. Si l’Ennemifait des courses, il tache de l’atta-quer, quand il est fatigué d’unelongue marche, il surprend laqueue de son Armée, & il lui en-lève, s’il le peut, les Quartiersqu’il peut avoir séparés, pour lacommodité d u fourrage & des vi-vres. On trouve dans l’HistoiredeFrance, & dans des Histoires parti-culières, tous les stratagèmes dontse sont servis nos plus grands Ca-pitaines.
Un Général, qui est battu dansune affaire générale, peut rejetterson malheur sur la fortune, quoi-que sart & la science ayent le plusde part aux événemens des Batailles;mais celui qui s’est laiiî'é surprendre& qui a donné dans les embuscadesde son Ennemi, ne peut point abso-lument excuser sa faute, parce qu’ilpouvoit éviter d’y tomber par savigilance, & par le moyen de bonsEspions.
Outre les fìratagcmes dont un Gé-néral peut se servir, pour faire tom-ber une partie de l’Armée de son en-nemi, & même toute son Armée en-tiere dans des embuscades, il y aencore différens stratagèmes poursurprendre une Place.
On le peut faire, soit en y fai-sant entrer des Soldats déguisés, soiten embarrassant les Portes, soit ense glissant par quelque lieu mal gar-dé , par des aqueducs & des souter-rains abandonnés, par des embra-sures trop baffes, par des lieux quiparoislènt inaccessibles, par quel-ques portes masquées d’une simplemuraille, qu’on peut abattre facile-ment par quelque sortie ou entréede rivière, ou enfin en se servantde quelque autre détour ou ruse,selon que l’occaíion s’en présente.
De quelque maniéré qu’on pro-jette ces sortes d’entreprises, il fautauparavant avoir bien reconnu le
dehors & le dedans de la Place, lesendroits par où l’on peuts’y glisser,la force ou la fbibldlè de la garni-son , en un mot tout ce qui peutnuire à la surprise, ou la favoriser,de peur d’envoyer à la boucherieses meilleurs Soldats : car ce fontordinairement ceux-là qu’on choisitpour de pareils desseins.
II faut sur-tout être bien assuréque la Garnison ne fait pas son de-voir, que les Corps de Gardes fontmal-garnis, que les Soldats s’en ab-sentent pour aller jouer ou boire,que les Chefs font négligent à faireobserver l’ordre des Gardes & desRondes, que les Portes font mal-gardées ou qu’il y a des lieux entiè-rement négligés, n’étant pas possi-ble de surprendre une Place où lesrégies font exactement observées.
Si l’on peut surprendre une Placepar une porte, on fait entrer au-paravant & à divers tems des Sol-dats déguisés en femmes ou en Moi-nes , ensuite on fait marcher quel-ques charrettes chargées de foin, depaille ou de quelqu’autre marchan-dise, & l’on embarrasse la porte endémontant une roue ou en tirantune cheville, parle moyen de la-quelle l’aissieu vienne à se briser, ouensin de quelque autre maniéré quece soit.
Alors les Soldats déguisés se joi-gnant aux Conducteurs des charret-tes, & à ceux qu’on peut avoir ca-chés dans le foin & la paille, sejetteront sur le Corps deGarde, tan-dis que les Trouppes qu’on auramises en embuscades autour de laVille, s’avanceront promptement,& tâcheront de se rendre maîtres dela Place, avant qu’on ait le loisirde leur faire tête.
Les Villes où il y a grand abord,soit à cause de quelque Eglise célè-bre & fréquentée par les Peuplesdes environs, soit à cause de quel-que réjouissance, de quelque gran-de Foire ou Marché, à celles qui