Band 
Tome II.
Seite
1025-1026
JPEG-Download
 

102 j

SUR

SUR

1026

dre langue, ou d’escorter de» cha-riots , des bagages, ou quelque au-tre chose, qu’on fait courir le bruitd’attendre des lieux voisins.

Une heure après on fait publierun Ban, par lequel il est défendu àtout Officier, Soldat, Vivandier,Paysan, Valet & autres personnes,de s’éloigner un quart de lieue del’Armèe. Au-delà de cette distance,les petits Partis fixes, & les Pa-trouilles de campagne du Prévôtfont en mouvement pour arrcter lesTranfgresseurs du Ban , «Sc recon-noître avec foin s’ils ne portent au-cune Lettre. On a foin que les em-buscades fur les chemins qui vontdu Camp à celui des Ennemis,soient en grand nombre. Si, mal-gré ces précautions, il s’échape quel-que espion des Ennemis, qui don-ne avis du mouvement qu’on fait,on répand adroitement le bruit d’undessein tout différent de celui qu’ona formé.

Si l’on rencontre pendant la nuit,ou durant le jour, des Batteurs d’e-strade des Ennemis, qui soient enpetit nombre, la moitié du Partise mettent en embuscade à un côté duchemin, pour tâcher de prendrepar derriere, d’enveloper, « 3 c faireprisonniers tous ces Batteurs d’estra-de, que la moitié du Parti attaqueen mème-tems pardevant, afin a’é-viter que l’Armée d’où ils font sor-tis, n’ait la nouvelle de la marche.

Quand ce font des Gardes enne-mies de pied ferme, qui crient Quivive ? l’Avant-Garde répond lenom du Prince Ennemi, & feintque ce font des Trouppes qui fe re-tirent après une expédition, ou quiviennent de quelque Place amie ;mais en répondant on continue famarche, de peur que les Ennemisne sonnent l’alarme trop tôt. Enapprochant de cette Garde on tâchede l’enveloper entierement, afinque la nouvelle de votre arrivéene parvienne pas au gros des Enne-Dicì. Mi lit. Tom. II.

nus. On y réussir plus aisément,fi on sçait le mot du guet de cet-te Garde.

Ce n’est pas assez de toutes ce»précautions pour réussir dans sonentreprise, il faut avoir une con-noissance exacte, fi c’est l’Arméedes Ennemis qu’on veut surprendre,des endroits 011 une partie de leursLignes est coupée par des ravins,des ruisseaux, ou par quelque autrecanal : on doit s’instruire de leursponts, des postes, des quartiers,des vivres, des Batteries, du Parcd’Artillerie, des Magasins des Pou-dres , des fourrages , & du quar-tier du Général. Si ce font desChâteaux, des Postes particuliers,des Officiers-Généraux, le Généralmême, que l’on veut surprendredans l’endroit où il est, on doit êtreinformé & de la situation des lieuxoù l’on veut aller, & du nombred’hommes qu’on veut attaquer, afind’ctre plus fort qu’eux d’un tiers,s’il fe peut.

Quand on est venu à bout de ceque l’on méditoit , on rassembleson monde. S’il fe trouve que parl’avidité du pillage il en manque, &que les Soldats tardent trop à venirfe former, on ordonne de mettrele feu à l’endroit, afin que les flam-mes chassent ceux des Soldats quepar aucune autre voie on n’a puforcer d’abandonner le pillage. Ondéfend aux Soldats, & à toute au-tre personne, de se retirer avantou après le Détachement, commeplusieurs font, pour mettre à cou-vert le butin, ou pour n’être pasobligés de le partager avec leurs ca-marades.

On donne ordre qu’il y ait furles chemins qui mènent au Campdes Gardes, qui arrêtent tous lesValets, Soldats & Vivandiers quipassent. Les Gardes du Camp doi-vent en user de la même maniéré,à l'égard de ceux qui n’ont pas étéarrêtés par les premiers, & arri-K k vent