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Tome II.
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La TaRique est l’ordre & la dis-position : l’Evolution est le mou-vement qui conduit à l’ordre. Lagrande Tactique est absolument né-cessaire aux Officiers Généraux, &tous les Officiers & les Soldats nefont obligé que de sçavoir les Evo-lutions ; mais les Officiers Géné-raux , qui doivent sçavoir à fond laTactique , 11e doivent pas dédaignerde sçavoir les Evolutions.

Lorsqu’un Officier Général entreun peu dans le détail , & que deton côté le Subalterne est capablede sentir la raison de l’ordre qti’ilreçoit, on n’entend point les plain-tes réciproques du supérieur à l’in-férieur, qui ne sont que trop com-munes : On n' j point exécuté wonordre. Nous n avons point reçutordre-

Si les Officiers Généraux igno-roient les ordres & les mouvemensparticuliers, ils scroient exposés àsc tromper dans les ordres géné-raux. Le méchanisme de la guerreest le plus grand, le plus noble, &le plus étendu de tous les niécha-nismes. II renferme toits les au-tres, & il doit être la matière, leterme & l’objet de toutes les hautesidées d’u n Général, qui ne pour-roit exceller, s’il n’avoit que deslégéres & superficielles idées.

En vain un Général aura formédes projets magnifiques, si le ter-rein lui manque, si dans les mou-vemens généraux les Corps parti-culiers de son Armée Rembarras-sent, s’ils s’cntrechoquent ou sc sé-parent , si la lenteur de la manoeu-vre donne le tems à l’Ennemi d’e.nfaire une plus prompte. C’est àquoi un Général doit prévoir, &c’est ce qui s’appellc posséder la Scien-ce de la Tactique.

TACTIQUE Maritime. Ellea deux parties, ainsi que la Terre-stre. La prémiere est l’historique,qui comprend les Ordonnances quipeuvent être gardées par les Flottes

pour les combats, & le récit desmanœuvres qui se font faites dansles principaux de ces Combats. Laseconde contient la connoissance dela forme des Vaisseaux, & la ma-niéré de les construire.

Les Vaisseaux des Anciens aboientà voiles & à rames. Ils a voient desrangs de raines proportionnés à leurgrandeur, depuis FUm-Reme, quiétoit le plus petit, & n’avoit qu’unde ces rangs, jusqu’au Quinque-Ro-me, qui en avoit cinq.

La façon dont ces Vaisseauxétoient construits, & l’arrangementde leur dedans, pour que tous lesRameurs nécessaires à faire agir unsi grand nombre de rames, y pus-sent être sens embarras, ne nous estpas bien connue. Les descriptionsdes Anciens fur cela font fort ob-scures : de-là vient la différence quisc trouve dans les écrits des Moder-nes, qui ont voulu expliquer cesconstructions, & leur contenu in-térieur.

A l’égard des Machines placéesfuries Vaisseaux, excepté la Baliste& la Catapulte, nous ne les con-noissons pas mieux. A-t-on biendécrit ce que c’e'toit que le Corbeau& la Grue, deux de ces Machinesplacées fur les ponts. Avec la pré-miere, on accrochoit un Vaisseauennemi, & en le soulevant assezpour le faire pencher de quelquecôté, on parvenoit par-là à le sub-merger. Avec la seconde, on ef-fondroit un Navire, & 011 le faifoitcouler à fond, en laissant tombersur son pont une lourde masse defer, appellée Pitlon , qui étoit sus-pendue à cette Grue.

Telle antiquité que l’on veuilledonner à la guerre de Mer, elle estbien au-dessous de celle que l’ondoit donner à la guerre de Terre.Les hommes sc font longtems bat-tus pour la possession de cette Ter-re , avant qu’ils ayent songé à fai-Kk 3 r*