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Tome II.
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re de la mer le théâtre de leurs dif-férends.

On a beau vanter les navigationsdes Juifs au riche pays d’Ophir ;les voyages des Carthaginois & desTyriens, tant en Espagne, quedans l’inconnu Atlantique ; les Com-bats fur mer que soutinrent lesEtats de la Gréce : tout cela 11’estque peu de chose , en comparaisonde ce que étoit dans ces mêmes temsla Tactique de Terre.

Les entreprises de mer n’avoientalors pour but que le commerce ;L ces Flottes de Comiuerçans étoientbien au-dessous d’une égalité depuissance avec les Armées de Ter-re des Rois David & Salomon, &avec celles d’un Cyrus & d’unXerxés.

Que les Anciens a yen t passé leCap de Bonne-Esperance ; que lesiège de Troye, & les courses d’E-née ne soient pas des fictions, onné n tirera gue'res plus de lumièrepour l’éclaircissement de la TaEii-que de mer. Ce 11’est pas dans lefabuleux qu’il faut chercher l’origi-ne dti vrai. II faut en venir auxAuteurs Romains du V. & VI. siéclede cette République, & pour mon-trer les manœuvres de guerre, pra-tiquées fur l'Elément dont il est que-stion , ne pas passer les tems où lesRomains &. les Carthaginois fe dis-putèrent la possession de la Sicile.

On commença alors à voir denombreuses Années Navales, desVaisseaux de différentes formes &grandeurs pourvus d’Artillerie, c’est-a-dire de machines propres, tant àla défensive qu’à Fossensive. Déjàces Armées obscrvoient certainesfigures dans leurs arrangemens.Elles étoient partagées par divi-sions, ce qui s’est depuis appelléEscadres, & ceux qui les comman-doient cherchoient à prendre furleurs Ennemis l’avantage du veut,des marées L de la situation deslieux.

Auguste à la Bataille d’Aétiumétant inférieur en nombre de Navi-res à Marc - Antoine, feu t sc placerà Feutrée du Golfe d’Ambrasie, &par-là remédier à F inégalité. Lamanœuvre de prendre le vent furFEnnemi étoit afin de tomber plusvivement fur lui. Elle est encorede mode. Nous la saisons dans lamême intention que la faifoient lesAnciens, & de plus pour que la fu-mée des Batteries incommode FEn-nemi. Cela s’appelle occuper la Li-gne du plus près.

Dans les tems dont je parle, onen venoit bien plutôt à l’abordage,que l’on ne fait présentement. Laplupart des Combats de mer ne fontque des canonnades. Quand deuxVaisseaux autrefois vouloient sabor-der, on retiroit en dedans les ra-mes de part & d’autre, pour qu’el-les ne fussent pas brisées du choc.

La manœuvre la plus ordinaireétoit que celui des deux Vaisseaux’qui fçavoit prendre le vent fur sonadversaire, tâchoit de lui voir leflanc, & de tomber sur lui de saprouë, laquelle étant armée d’unelongue pointe de fer, ne man-quoit guéres de crever le Vaisseauchoqué.

Les voyages fur l’Océan ont pro-duit les Vaisseaux à voiles & de hautbord, & depuis F invention de lapoudre à canon, on a mis à la pla-ce des rangs de rames qui sc voyoientaux Vaisseaux des Anciens, des rangsde canons.

Après la chute de FEmpire Ro-main , les Sarazins eurent la domi-nation de la mer. Ils en profitè-rent, & porterent de tous côtesleurs conquêtes. Toutes les Isles &les Côtes de la Méditerranée leurfurent soumises. On leur doitl’in-vention de bien des choses utilesdans la Marine.

C’est d’eux que nous tenons l’or-donnance en croissant, dont on sesert souvent pour mettre une Ar-mée