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quatre A demi : on doit observerpar tout que le Parapet doit être desix à sept pieds de hauteur pour met-tre le Soldat à couvert. De quel-que nature que soit la tranchée, el-le doit être tirée hors des enfiladesde la Place, c’est-à-dire, conduite& poussée, en forte que les Assiégésn’en puissent découvrir & battre lalongueur : ainsi on la conduit pardes retours ou coudes, qui formentdes lignes en quelque façon parallè-les à la Place qu’on attaque.
La tranchée est tracée par les In-génieurs , qui en reçoivent les or-dres des Officiers, qui ont visité leterrein. Un Ingénieur avant qued’ouvrir la Tranchée doit reconnoî-tre la facilité des approches qui con-siste dans les chemins creux, ravi-nes, fossés, rideaux, haïes, hau-teurs, qui peuvent servir à placeravantageusement des batteries. 11sdoivent faire attention aux com-mandemens de front, de revers, oud'enfilade, à la qualité des terres,à la facilité de les remuer, & pro-fiter de toutes ces découvertes ; ily a des inconvéniens à l’ouvertured’une tranchée, quand on rencon-tre une terre marécageuse, que l’onne peut approfondir sans trouverl’eau du rocher où il faut fe cou-vrir avec la terre apportée , sou-vent de bien loin, ce qui rétardeles Ouvrages, & fatigue le Soldat.
On tire la facilité de l’attaqued’unc Place de fa foiblesse, de la fa-cilité des approches, & de la garni-son ; on doit garnir chaque Quar-tier de son parc d’Artillerie, A s’iln’est pas d une facile communica-tion avec les autres, il doit être as-sez fort pour repousser seul les sor-ties de la Garnison.
II est incontestable que non-seu-lement les anciens Peuples alìoientpar lignes obliques ou par lignescreusées dans terre, mais encoreque nos sapes couvertes, dfc nos pa-rallèles ou places d’armes ne sont
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pas une linvention moderne, & queses Anciens les ont pratiquées avantnous : d’abord les peuples de l’A-sie, après eux les Grecs, & aprèsceux-ci les Romains.
11 est vrai que les tranchées desAnciens n’étoient pas tout-à-faitsemblables aux nôtres. Ils ne scterroient pas si profondément quenous faisons aujourd’hui pour nouscouvrir contre le feu de la Place,dont la violence est bien plus redou-table que ne l’étoit cellp de leursbalistes & de leurs catapultes, quine laissoient pourtant pas que deproduire des effets furprenans.
Les Anciens alìoient à couvert duCamp à leurs batteries, ils fe pré-cautionnoient plus ou moins selonla puissance & la valeur des Assié-gés & le nombre de leurs machines,car celles-ci régloicnt la forme desapproches & des tranchées.
L’uíage des Tranchées ne com-mence à fe voir distinctement quesous le régne de Charles VII. maisavant ce Prince , comme on don-noit le nom déminés aux tranchées,on donnoit aussi le nom de tran-chées aux mines & aux contre-mines.
Avant M. le Maréchal de Vau*ban, quia perfectionné Part d’at-taquer les Places, on alloit par li-gnes obliques des unes aux autres,& ces lignes étoient d’une fort pe-tite étendue : mais les Ancienscommuniquoient à leurs grandes pa-rallèles par une ou deux lignes droi-tes óc couvertes par - dessus : caron ne doit pas s’imaginer que lesTrouppes qui montoient A defeen-doient la tranchée, y allassent toutà découvert, exposés à un orage detraits & de pierres, & aux machi-nes des Assiégés.
Le péril étoit d’autant plus grand,que les coups lancés & tirés de cesdifférentes sortes d’armes de jetc'toient infinement plus justes, plusassurés, & plus continus que ceux