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Les directes servent à boucher lesenfilades à quoi on est quelquefoiscontraint.
Les tournantes font employées,tant dans les logemens du chemincouvert, dont on n'est pas encoresi bien le maître, que dans les gran-des pieces, comme bastions, demi-lunes & ouvrages à corne. O11 lesemploie aufiì quand on a pris quel-que ouvrage ; on conduit les Tran-chées vers le centre pour acheverd’en occuper le dedans, éc d’y fairequelque établissement.
Mais il se commet beaucoup defautes dans la conduite des Tran-chées , les principales proviennent1) du méchant choix de l’Attaque ;L) de la qualité & quantité des ma-tériaux ; 3) du peu d’Ouvriers &de leur ignorance ; 4) de la mau-vaise conduite des Travaux ; 5) de
la mauvaise disposition des Batte-ries ; 6 ) du méchant ordre que
l’on tient pour repousser les sorties ;7) de la précipitation des Chefs áde leur peu d’expérience ; 8) de lafaute de leurs Ingénieurs.
I. On pèche contre le choix de
l’attaque, quand une Place n’estpasbien reconnue, a» - lieu de P atta-quer par le plus foible, on l’atta-que par le plus fort. Ce défaut esttout-à-fait pernicieux, d autant queI’Aslìégeant qui tombe dans ces man-quemens, fournit lui - même lesmoyens à une méchante Place delui résister comme une bonne. Onfit cette faute aux deux sièges deSainte Menehoult, à Valenciennes,& à Montmidy ; & la plus grande
partie des Places attaquées óc man-quées par les François, Pont étépar cette faute.
II. On mjnque dans la qualité dematériaux, quand P endroit où ilsse fabriquent étant trop éloigné dela Tranchée, il se trouve que lesgabions, blindes, chandeliers, fa-scines, &c. font souvent faits au-trement qtt’il ne faut, pour en fai-
re un bon usage, L que la quanti-té des outils à remuer la terre, ouautres, font quelquefois si petits,qu’on 11’a pas dequoi fournir aucourant du travail. Cela retardebeaucoup & fait toujours perdrebien du monde.
III. On manque toujours par lepeu de capacité des Ouvriers, quine font autres que des Soldats, oufainéans, ou fatigués, abattus deveilles & fans vigueur, à cause dupeu de repos à de la méchante nour-riture qu’ils prennent. Le pire est,qu’un pauvre Soldat qui fe fera las-sé à travailler pendant toute la nuit,sera encore contraint de continuertout le long du jour, ce qui leurabat tellement les forces qu’ on amille peine de leur faire approfon-dir assez les Travaux pour les met-tre à couvert, bien loin de pouvoirrien avancer de jour, ou de don-ner les longueurs ou, profondeursnécessaires à la Tranchée pour larendre sûre & commode. Et lors-que pour remédier ì> ce désordre,un Ingénieur demande deux ou troiscens Travailleurs, des gens frais,on les lui promet, & souvent on 11eles lui fournit pas. Les fuites quiaccompagnent ces défauts, font quele travail s’avance lentement, quela Tranchée est trop étroite, in-commode & embarrassante pour lemouvement des Trouppes, & pourla voiture des matériaux ; qu’il n’ya pas de Places d’Armes ou parallè-les qui vaillent, pas une Redouteachevée, point de logement consi-dérable pour faire feu, en un motelle est très - périlleuse, & fort su-jette aux irruptions des sorties, q utont toujours grands avantages furdes Travaux imparfaits, tels que jeviens de les dépeindre.
IV. La malheureuse habitude que
l’on a en France de poster les I ra,vailleurs à découvert, cause un dés-ordre considérable. Si cela etoit
d’une nécessité absolue, & qu’il n’y
eut