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Tome II.
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1105-1106
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eut pas d’autre moyen d’avancer lesOuvrages, il faudroit le faire. Maispuiiqu’il n’est pas pollible de pousserlcsTranchées avec la même vitesse, ily a de la cruauté d’expofer des qua-tre à cinq cens hommes par nuit aufeu de toute une Place, fans quepas un d’eux soit en état de fairecourir le même risque h l’Ennemi.Car au plus fort du péril, & dansle tems que toute une Place est enfeu, on est empêché de ses proprestravaux, & hors d’état de pouvoirrendre la pareille. De forte queles Travailleurs, & ceux qui lessoutiennent, n’étant protégés quede l’obfcurité de la nuit, qui biensouvent n’est que trop claire, sontmisérablement tués par l’Ennemî,qui a le plaisir de les choisir, com-me bon lui semble.

V. Au-lieu de faire des Batteriesselon les régies d’un dessein bien di-rigé, l’on bat ce qui fe présente lepremier à la vue, sans faire atten-tion li c’est directement ou oblique-ment. Cependant tous les coupsqui ne sont pas directs, font fortpeu d’effet , ne faisant que glisserfur le revêtement, j’cntens pourbattre en brèche , car il faut d’au-tres Batteries qui croisent fur lesdéfenses de la Place. Cela s’est vuau siège de I.isle , où la BatterieRoyale, quoique grande & bien ser-vie , pour n’avoir qu’une vue dire-cte sur les défenses de la Place, neles endommagea pas beaucoup, au-lieu que si elle en eút eu de croi-sées, elles eussent été d’un bienplus grand effet. II sont ajouter àcela qu’au-lieu d’élever le plan desBatteries de cinq à six pieds , onl’abaisle ordinairement de deux outrois, moyennant quoi elles sontbien plû-tòt faites, mais auflì ellesn’ont que tres-peu de découverte,& le moindre bout de tranchéequ’on passe par-devant, les offus-que tellement qu’elles ne décou-vrent plus rien & deviennent inuti-

lisé

les, ou du-moins mettent à toutmoment en péril les gens qui s’ytrouvent.

VI. On sc précautionne fort malcontre les sorties de l’Ennemi par laméchante disposition de nos Tran-chées , qui pour n’avoir point dé-placés d’Armes ou parallèles raison-nables , ni même d’endroits d’où lesTrouppes puissent sortir en Batail-le , donnent très-souvent lieu àl’Ennemi d’cntreprendre avec avan-tage. On reçoit outre cela, untrès grand préjudice, quand lors-que l’Ennemi fait une sortie , au-lieu de se donner la patience de lelaisser éloigner de la Place, asin dele charger avec avantage, lorsqu’ilest hors de la protection de son feu,on sort de ses logemens aulíi - tôtqu’il paroît, <k fans y faire réfle-xion, on va en désordre le chercherjusque sur le glacis de la contrescar-pe. Cela s’appelle quitter ses avan-tages, pour aller chercher l’Enne-mi dans les siens.

VII. L’émulation qui est entre lesOfficiers - Généraux, fait souventqu’ils exposent mal-à-propos les Sol-dats, leur faisant faire au-delà deleur pollible, sc souciant peu d’eufaire périr une trentaine, pour avan-cer de quatre pas de plus que leurscamarades. Par leur autorité ilsordonnent comme il leur plaît lechemin de la Tranchée, rompentà tout moment la fuite du dessein,& toutes les mesures que l’Jngé-nicur peut avoir prises, qui bienloin de pouvoir observer une con-duite réglée qui auroit pu menerles choses à une bonne fin, se trou-ve réduit à servir d’instrumentpour l’exécution de leurs différonscaprices.

VIII. I.es sautes des Ingénieursproviennent d’ordinaire de la mé-diocrité de leur intelligence on dumanquement de cceur, ou du peu deconsidération où ils sont.

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