168
TROISIEME PARTIE.
(tiers : ccs arbres ne diffèrent des plantes précédentes que par leur taille plus élevée,leurs feuilles simples, c’est-à-dire non divisées en folioles, et surtout par le pistil deleur Fleur ; ce pistil ne se compose que d’un seul ovaire, dont la paroi interne s’épais-sit, se durcit, et forme un noyau qui protège la graine, tandis que le tissu qui re-couvre ce noyau se gonfle de sucs, et forme une pulpe savoureuse. Les arbres quiviennent ensuite sont \es Poiriers, \es Pommiers, les Cognassiers, les Néfliers , les Sor-biers, qui diffèrent des précédents en ce que les ovaires, au lieu d’étre libres commedans la Framboise, au lieu d’ètre renfermés dans la cavité du calice, mais sans seconfondre avec elle, comme dans la Rose, forment dans la Pomme , dans la Poire, etc.,un seul et même corps, composé: 1° au centre, de cinq ovaires renfermant chacunordinairement une ou deux graines nommées pépins; 2° à la circonférence, d’uncalice qui a pris un développement énorme et a comprimé les ovaires, au point de sesouder et de se confondre avec eux. Ce que vous mangez dans la Pomme est doncprincipalement le calice : quant à ce débris noirâtre qui couronne la Pomme, et qu’onappelle communément la mouche, c’était autrefois la moitié supérieure du calice quiportait les étamines , dont vous pourrez encore reconnaître les vestiges ; celte moitiésupérieure est restée stationnaire, et a fini par se flétrir , tandis que la moitié infé-rieure prenait un accroissement considérable.
Dans l’examen comparatif que vous venez de faire, vous avez pu remarquer que lesItosiers, Iionces, Fraisiers, Potentilles, Cerisiers, Pêchers, Pommiers, Poiriers , etc., nediffèrent essentiellement que par leur fruit, bien que d'ailleurs la graine ait dans tousune structure semblable, comme vous le verrez bientôt. Le calice est à cinq découpuresqui se soudent plus ou moins par leur base ; la corolle se compose de cinq pétales sy-métriques et posés sur le calice; les étamines sont nombreuses, et naissent commeles pétales sur le calice; en outre, les feuilles sont toujours* munies de deux sti-pules (qui tombent de bonne heure dans les Cerisiers et les Poiriers ), et au lieud’être opposées l’une à l’autre, elles sont alternes sur la tige. Eh bien! tous ces ca-ractères, joints à une certaine physionomie qu’il est plus facile de comprendre qued’exprimer, ont servi à former un groupe naturel que l’on a appelé famille. Ainsi legroupe que vous venez d’observer constitue la famille des Rosacées, l’une des plus élé-gantes du règne végétal, famille qui se divise en groupes secondaires, nommés ge/uw,et fondés sur des différences dans la forme, la proportion, la consistance des diversesparties de la Fleur. Chaque genre, à son tour, comme vous l’avez vu pour les Rosiers ,se divise en espèces, dont les caractères distinctifs sont tirés des feuilles, de la tige,de la couleur et de l’odeur des Fleurs, etc... Je n’ai pas besoin de vous dire qu’ilfaut entendre par espèce la réunion d’individus assez semblables entre eux pour êtresupposés issus d’une même graine. Plus tard, je vous parlerai des races et deseariétés.
Cette analyse générale des Rosacées vous a paru peut-être un peu austère, mais jene voulais pas vous épargner un travail d’esprit que je regarde comme indispensable,et qui, une fois fait, va vous rendre facile l’étude comparative des diverses famillesdu Règne végétal.
Auprès des Rosacées se range la famille des Myrtes, qui s’en distingue par ses feuillestoujours opposées, et jamais pourvues de si ipules : vous voyez d’abord le Myrte commun,