Band 
[Première partie.]
Seite
374
JPEG-Download
 

■SIXIEME partie.

575

disputer leur proie à des quadrupèdes aquatiques tels (pie la Loutre et le Castor. Ilss'étranglent souvent en voulant avaler des animaux plus gros qu’eux. Ils les saisissenttoujours par la tète, comme les Serpents à sonnettes. Leur présence répand parmi leshabitants de l'onde la même terreur (pie la présence d’un Faucon ou d’un Aigle parmiles Oiseaux. Lorsqu’ils dorment couchés sur la surface de l’eau, les petits Poissons rôdent en grand nombre autour d’eux, non sans montrer une grande peur, et ils sem-blent dire : « L’ogre dort, ne le réveillons pas!»

Les Coryphènes sont dotés de la conformation la plus favorable pour une natationrapide. Forts de ce précieux avantage, les Coryphènes s’attaquent à des proiesdifficiles, et ne craignent pas de chasser le Poisson volant qui peut, à l’aide de seslarges nageoires, s’élancer hors de l'eau, et se soutenir dans l’air comme un oiseau.Mais leur acharnement les entraîne à leur perte, et ils payent souvent de leur vieleur effroyable voracité : il suflit d'attacher au Itout d’une ficelle un bouchon garnide plumes, et qui imite tant bien que mal un Poisson volant, d’y laisser pendre lehameçon en guise de queue, et de faire filer cet appât à la suite d’une embarca-tion, pour voir aussitôt les Coryphènes se jeter à l’envi sur ce piège mortel et y resterpris.

Mais ce (pie ces Poissons présentent de plus remarquable, c’est la magnificence descouleurs dont ils sont parés. Lorsque la mer est calme et que le soleil se joue sur leursécailles, les reliefs qui en jaillissent présentent les nuances les plus riches et les plusvariées. La Méditerranée nourrit une espèce de Coryphène, nommée Dorade, qui estdiaprée de bleu et de jaune. Sa chair n’est pas moins bonne (pie sa robe n'est belle, etaprès avoir fait l’ornement des mers, elle forme un des plats les plus recherchés de nostables.

Dans l’armoire à droite sont exposés les Gymnètres, de la famille des 'J’ænioîdes ou desPoissons rulians. Leur corps est mince et long ; ils n’ont point de nageoire inférieure ,la nageoire dorsale règne tout le long du dos, et ses rayons, prolongés au-dessus de latète, forment une sorte de plumet.

Les Turbots, animaux classiques en littérature et en gastronomie, sont des Poissonsplats comme les Haies, et qui nagent couchés sur le flanc. Leurs yeux sont placés d’unseul côté de la tète. Le dessous de leur corps est d’un blanc brillant; mais le dessus estd’une teinte sale et noirâtre, qui les rend presque imperceptibles lorsqu'ils sont à moitiéenfouis dans le sable ou dans la vase. La nature ne leur a point accordé d’armes défen-sives ; mais, grâce à leur couleur, le Requin le plus affamé peut passer à côlé d’eux sansles voir, et pourtant, comme dit le proverbe, la faim a de bons yeux !

L'Esturgeon est le Poisson (pii a, extérieurement, le plus de ressemblance avec leRequin . Il vogue son égal en grandeur, mais il est loin d’avoir sa force. La taille del’Esturgeon atteint, jusqu'à vingt-cinq pieds de long. Sa gueule est dépourvue de dents,et ses appétits sont en rapport avec celte conformation. Son museau est très-avancé ;sa mâchoire inférieure est plus courte que celle de dessus, caractère qu’il partage avecle Requin . Ses'lèvres sont garnies de quatre filaments déliés, pareils à ceux de la bau-droie, et au moyen desquels elle attire dans sa gueule une foule de petits Poissons quiles prennent pour des vers. Pline raconte que. de son temps, on péchait dans le l'ô desEsturgeons (pii pesaient un millier.