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CINQUIÈME PARTIE.
Le Thon, poisson très-connu, et dont la taille varie de trois, quatre à quinze pieds,a la queue en forme de croissant. Aristote fait mention d’un Thon qui pesait quinze ta-lents, qui équivalent à six cent cinquante-deux livres de notre poids ; et Cetti assureque sur les côtes de Sardaigne il n’est pas rare d’en prendre qui pèsent mille et mêmedix-huit cents livres. Le Thon est le plus grand des habitants de la mer qui serve denourriture aux hommes. Quelques auteurs, induits en erreur par l’énormité de sataille, l’ont considéré comme une espèce de Baleine.
Près île la porte d'entrée, on voit suspendue au plafond une Anguille vulgaire de cinqpieds. La conformation de cet animal semble indiquer qu'il est destiné par la nature àformer le passage des Poissons aux Serpents ; il ressemble à ces derniers non-seulementpar son extérieur, mais encore par plusieurs de ses habitudes.
Les Anguilles quittent souvent leur élément natal, et vont pendant la nuit chercherdans les prairies et dans les bois les limaçons, les insectes ou les vers, qui formentleur principale nourriture ; quelquefois aussi elles traversent les terres pour changer derivière ou d’étang.
Ces Poissons ont la vie si tenace, qu’après même qu’ils sont écorchés et coupés enmorceaux, les différentes parties de leur corps continuent de se mouvoir pendant untemps assez long. Des Anguilles que l’on transporte en hiver de Pétersbourg à Moscou ,et qui sont gelées et recouvertes d’une croûtp de neige pendant tout le trajet, repren-nent leur vivacité dès qu’elles jouissent d’une température moins rude.
Le corps des Gymnotes est cylindrique et serpenliforme, et leur dos est privé denageoire dorsale; mais ce qui les distingue surtout des Gymnètres, et même de tousles autres Poissons , ce sont les propriétés électriques dont ils jouissent à un très-hautdegré. Le Gymnote électrique est particulier aux lacs et aux rivières de l’Amérique mé-ridionale. Les plus grands ont jusqu’à six pieds; leur peau est nue, sans écailles; leurcouleur est noirâtre avec quelques raies longitudinales étroites d’une teinte plus fon-cée. Us peuvent allonger ou raccourcir leur corps à volonté comme les vers ; leur nata-tion est assez rapide, et consiste en une suite d’ondulations à la manière des Serpents ;la vitesse de leurs mouvements, qui leur est déjà fort utile pour poursuivre leur proie oufuir le danger, trouve un auxiliaire puissant dans l’arme redoutable que la nature leur aaccordée; et, lorsque leur victime est près de leur échapper ou que leurs ennemis sontprès de les atteindre, ils ont recours à la vertu de leur fluide électrique, dont les dé-charges étourdissent les êtres les plus robustes, et leur donnent quelquefois la mort,llumbolilt, qui a étudié ces animaux avec un soin spécial, rapporte qu’ils peuventproduire des commotions électriques plus fortes que celles provenant d’une bouteillede Leyile. Il arrive souvent que des baigneurs, frappés et comme paralysés par unede ces décharges, disparaissent sous l’eau et ne revoient plus le rivage. Ces émanationsélectriques sont si terribles, qu’elles foudroient les petits Poissons à plus de quinze piedsde distance. Le fluide qui les produit peut se communiquer à plusieurs personnes ré-unies, dont la première louche de sa main la tête du Poisson , et dont la dernière tient lamain dans l’eau : mais la secousse n'a pas lieu lorsqu’on touche le Gymnote avec descorps non conducteurs, tels que la cire à caelieter ou la soie.
L’appareil électrique des Gymnotes se compose de quatre grands faisceaux de lamesmembraneuses, horizontales et parallèles, liées entre elles par d'autres petites lames