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Deuxieme partie.
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LES OISEAU X.

sent avec empressement contre l’ennemi commun; c'est ainsi qu’on les voitattaquer les Coucous, les Corbeaux, les Pies-Grièches, les Chouettes et mêmeles Ilapaces diurnes, tels que l’Epervier, l’Émerillon, la Crécerelle. Levail-laut, qui habitait le village d’Asnières, aux environs de Paris , fut un jour attirédans la plaine de Gennevilliers par les cris d’une troupe de Drennes qui s’e-laient rassemblées devant une remise ; il accourut, et vit une Orfraie [Aigle py-gargue) qui s’y était réfugiée, et se tenait blottie au pied d’un buisson. Quelletrouvaille pour le chasseur qui u’avait pas encore conquis les Girafes et les Elé-phants de l’Afrique ! Il retourna en toute bâte au village, y prit un pistolelchargé à gros plomb, et revint à la remise, où les Drennes intrépides tenaienttoujours l’Orfraie en respect. Hélas ! la scène se passait sur les plaisirs du roi ;Levaillant n’ignorait pas les lois atroces contre les délits de chasse qui, à cetteépoque, étaient encore en vigueur. Mais s’il craignait les châtiments dont ellesfrappaient les braconniers, il craignait encore plus de laisser échapper unAigle, trouvé à deux lieues de Paris ; il jette un regard circulaire autour delui, s’approche de l’Orfraie, la tire à dix pas, l’abat, enterre son pistolet, s’em-pare de son gibier, et regagne furtivement sa demeure, croyant voir de touscôtés sortir de terre des gardes, croisés de la fatale bandoulière; il arrive enRnchez lui sans avoir été remarqué, avec sa précieuse cônquête, non moins émuque quand en Afrique , quelques années plus tard, il tua sa première Girafe.

Levaillant a observé en Afrique de nombreuses espèces de Merles dont nousallons vous faire connaître les plus remarquables. Le Grivroü (Turdus oliva-eeus, de Lathani; est analogue à notre Grive commune ; il fait entendre le mêmecri d’appel, zipp, zipp; dans la saison des œufs , le mâle a un chant sifflé, qu’ilcommence une heure avant le lever du soleil et qu’il continue le soir, quelque-fois même pendant toute la nuit. Gel Oiseau est de passage au cap de Bonne-Espérance ; le passage dure quinze jours. 11 fréquente les lieux humides et donnela chasse aux Insectes le long des haies et des buissons. Sa taille est de huitpouces et demi; les parties supérieures sont d’un brun olivâtre, le devant du couet la poitrine sont brunâtres, nuancés d’orangé, la gorge est blanchâtre, striéede brun; le reste des parties inférieures est d’un jaune orangé, le bec et lespieds sont jaunes. — Le Rocar {Turdus rupestris, de Lathani) est analogue auMerle de roche de nos climats : il a huit pouces de longueur; les parties supé-rieures sont brunes, avec le bord des plumes roux, la gorge et le cou d’un grisbleuâtre, les rémiges d’un gris foncé, bordées de bleuâtre, la croupe, les rec-trices latérales et les parties inférieures d’un roux vif, le bec et les pieds noirs.Cet Oiseau est très-méfiant et difficile à obtenir, parce qu’il se perche toujoursau-dessus des précipices et niche dans les cavités des rochers, où il est impossiblede pénétrer, lors même qu’on a trouvé l’entrée du trou. Sa voix est très-belle,et il possède la faculté d’imiter celle des autres animaux. — L’Espion [Turdusexplorator, de Vieillot) est une espèce très-voisine, comme le Rocar, du Merle deroche. Sa taille est de huit pouces; les parties supérieures sont brunes, les tec-trices de l’aile et les rémiges sont noirâtres, bordées de blanc; la tête, le cou etles scapulaires sont d’un gris bleuâtre; les tectrices caudales et les rectrices la-térales sont rousses ; la poitrine est d’un roux marron, le ventre est roussâtre, leber et les pipds sont noirs.—L'Espion vil sur les montagnes, parmi les rochers.