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Deuxieme partie.
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LES OISEAUX.

Le Jean Eueoiwc (i'nrdus phoenicurus, île Latham; a six pouces el demi de.longueur, les parties supérieures d’un brun olivâtre, le front et les sourcilsblancs, l’auréole des yeux noire; la gorge, la poitrine, la croupe et les rectriceslatérales d’un roux vif; la queue étagée; le bec et les pieds cendrés. Le bec grêlede cette espèce la rapproche des Traquets, dont nous vous parlerons bientôt.Cet Oiseau s’est donné lui-même son nom de Jean Frédric : le mâle répète cestrois syllabes, le matin et le soir, sur tous les tons; il modifie sa phrase de ma-nière à dire Jean Frédric, dricdric Frédrïc, avec mouvement de queue et batte-ment d’ailes. 11 court à terre avec rapidité ; sa vue est perçante et distingue deloin le plus chétif Insecte ; il est très-curieux et peu farouche ; il suffit, pour l’at-tirer, de remuer un peu la terre ; il donne dans tous les pièges, mais il meurt enesclavage. C’est le mâle seul qui chante, la femelle n’a qu’un tic tic, analogue ancri du Rouge-Gorge. Le Jean Frédric abonde dans le sud de l’Afrique , où on lerecherche à cause de la délicatesse de sa chair.

Nous terminerons le genre des Merles par l’histoire du Meule Polyglotte(Tardas polyglottes, de Linné) que l’on connaît dans l’Amérique septentrionalesous le nom de Moqueur. Sa taille est de neuf pouces; les parties supérieuressont d’un gris brunâtre : une grande tache oblique se fait remarquer sur les tec-trices de l’aile, accompagnée ordinairement de petites mouchetures ; les sourcilssont blancs; les rectrices sont noirâtres, bordées de blanc; les parties infé-rieures blanchâtres, tachetées de blanc; le bec et les pieds sont noirs. Le crihabituel de cet Oiseau a une expression triste, mais dans la saison des œufs, lechant du mâle est d’une mélodie ravissante : l’Européen qui entend cette voixvigoureuse et passionnée à travers le feuillage du magnolia de la Louisiane , lacompare avec l’hymne nocturne du Rossignol, et ressent, dit Audubon , un secreimépris pour ce qu’il admirait autrefois. « Le bignonia et les ampélopsis s’enlacentautour des gros arbres, les dépassent, les couronnent et retombent en festons;des fleurs balsamiques, des grappes mûrissantes, des corvmbes empourprés, uneatmosphère tiède et lumineuse enivrent tous vos sens à la fois. Levez les yeux :sur une branche de magnolia la femelle repose; le mâle, aussi léger que le Pa-pillon, décrit autour d’elle des cercles rapides, remonte, redescend, remonteencore, ses belles plumes un peu développées, saluant de la tête sa douce com-pagne, et toutes les fois que son vol s’élance vers le ciel, recommençant sonchant de joie, le plus brillant de tous les chants. Il ne débute pas, comme leRossignol, par de longs et mélancoliques soupirs : il attaque franchement sonthème musical, qu’il module ensuite, qu’il gradue, qu’il varie avec un art in-croyable, ayant soin de faire entrer dans la composition de son œuvre l’imita-tion des plus doux bruits dont la nature lui a fourni le modèle, le murmure desfeuilles, le roulement lointain de la cataracte, le gazouillement du ruisseau voi-sin. Ce chant accompagne son vol, mais ce n’est qu’un prélude encore. Lorsqu’ilvient se poser sur le rameau qui soutient sa compagne, ses notes deviennentmoins brillantes, plus moelleuses, plus exquises. Puis il repart, s’abaisse, re-monte, parcourt de l’œil tous les environs pour s’assurer que nul ennemi 11 emenace son repos; il bat des ailes, et semble par ses mouvements cadencés exé-cuter dans les airs une danse folâtre ; puis il revient se percher près de sa com-pagne, et, pour finale de ce grand concerto, lui donne la traduction la plus exacte