I AMII.I.K 1)1 S !> A SS K UK AUX !•'I SSI ItOSTIlKS
!)7
nomme il un goût Irès-agréaltle. C'est surtout à .lava <|u'on les recueille pour leslivrer aux Chinois : les cavernes profondes creusées dans les rochers qui bor-denl le rivage sont tapissées de ces nids. Ou en trouve aussi dans les monta-gnes de l'intérieur, et ceux-là sont plus colorés, parce qu’il entre dans leurcomposition des herbes terrestres moins gélatineuses. Les Javanais descendentdans les cavernes, au moyen d'une échelle de roseaux et de bambous, en s'é-clairant d'un flambeau. Pour réussir dans cette chasse périlleuse autant queproductive, ils invoquent une divinité dont les attributions spéciales sont deprotéger les chercheurs de nids; ils lui font le sacrifice d’un buffle, et ils nedescendent dans le précipice qu’après en avoir fait parfumer l’entrée par unprêtre, qui y brûle du Benjoin, résine balsamique très-suave.
Les Martinets ont les ailes plus longues et les pattes plus courtes que les Hi-rondelles; lorsqu’ils sont à terre, ils ne peuvent prendre leur élan, mais leurvol est plus puissant, à proportion, que celui de tous les autres Oiseaux.— Le .Martinet noir (Hinmilo apus, de Linné) est l’espèce la plus com-mune dans nos climats; il est long d’environ huit pouces ; son envergure est dequinze pouces; sa queue est fourchue, son plumage, d’un noir de suie, à l’ex-ception de la gorge, qui est blanche. Il arrive dans nos climats pendant le coursdu mois d’avril, et plus tard que les Hirondelles, parce que les Insectes dont ilfait sa nourriture ne s’élèvent aux réglons oû il a coutume de voler, que quandI atmosphère y est suffisamment échauffée. Il revient, comme les Hirondelles,prendre possession du domicile qu'il avait adopté les années précédentes: lestrous, les crevasses des murailles, les avant-toits des maisons couvertes detuiles sont les lieux qu’il préfère pour établir son nid, et lorsqu’il retrouve l’an-cien, il ne se donne pas la peine d’en construire un nouveau. Pendant les grandeschaleurs, les Martinets restent au milieu du jour dans leur domicile; ce n’estque le matin et le soir qu’ils vont à la provision, ou voltigent sans autre butque de prendre leurs ébats et d’exercer leurs ailes. C’est dans ce dernier casqu’ils décrivent en l’air des courbes infinies autour des clochers, ou des lignesdroites le long des maisons, en poussant des cris aigus; mais lorsqu’ils vont àla chasse, ils ont une manière lente de nager dans l’air; souvent ils ne battentpas des ailes, sont solitaires et silencieux, et la direction de leur vol éprouve desinterruptions et des changements subits en divers sens. — Levaillant a observéen Afrique une espèce de Martinet qu’il nomme le Vélucifère, à cause de la rapi-dité de son vol, qui est d’une demi-lieue par minute : son plumage est d’un noirfoncé, à reflets bleus sur la tête, les ailes et la queue, et d’un noir pur sous lecorps. Ses moeurs sont analogues à celles du Martinel noir.
Les Engoulevents sont des Passereaux nocturnes, dont le plumage est nuancéde gris et de brun comme celui des Hapaces de nuit ; ils ont de grands yeux quela lumière du jour éblouit; leur bec est garni de fortes moustaches, et peut en-gloutir les plus gros Insectes, qu’ils retiennent, au moyen d'une salive gluante,et auxquels ils donnent la chasse pendant le crépuscule. Ils vivent isolés, ouvrentlargement le bec quand ils volent, et l'air qui s’v engouffre produit un bruisse-ment singulier, auquel ils doivent leur nom.
il
iô