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Deuxieme partie.
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LES OISEAUX.

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que la traversée avait ete heureuse. En Syrie, en Arabie, en Égypte , on trans-porte des Pigeons dans des paniers, à des distances considérables, et ensuite,même après de longs intervalles, on leur rend la liberté, en leur attachant unbillet sous l’aile: l’animal, une fois libre, s’élève d’abord verticalement à unehauteur considérable, et là il semble s’orienter pendant quelques instants;puis, sans hésitation, il se dirige à tire-d’aile vers le lieu où il a laissé sespetits. Le Mogol fait nourrir des Pigeons qui servent à porter les lettres dansles occasions où l’on a besoin d’une extrême diligence. Ces Oiseaux volent avecune rapidité extraordinaire : on les voit quelquefois couchés sur le sable, lebec ouvert, attendant la rosée pour se rafraîchir et reprendre baleine. On s’ensert pour faire passer des dépêches dans les villes assiégées, et l’histoire nousen rapporte plusieurs exemples mémorables. En 1574, le prince d’Orange seservit de ces fadeurs, auxquels il dut l’avantage de faire lever le siège d’une deses places fortes : aussi voulut-il que les Pigeons qui avaient sauvé la ville fus-sent nourris aux dépens du public dans une volière faite exprès, et que, lors-qu’ils seraient morts, on les embaumât, pour être gardés à l’hôtel de ville, ensigne de reconnaissance perpétuelle. Vous n’aurez pas de peine à croire que cesutiles courriers ont été plus d’une fois employés à des messages qui n’avaientrien de politique, et nous pourrions vous citer à ce sujet un jeune avocat habi-tant le faubourg Saint-Jacques, qui envoya son vieil oncle demander pour luila main d’une demoiselle demeurant avec son père dans la vallée de Montmo-rency : le bon oncle se chargea volontiers du message; mais comme il impor-tait surtout au jeune homme de connaître promptement la réponse à laquelleil attachait son bonheur, il voulut adjoindre à son tuteur des messagers supplé-mentaires, beaucoup plus expéditifs que les petites voitures de la banlieue, etil lui mit en conséquence deux pigeons volants dans les poches de sa redingote.— Un seul suffisait, direz-vous. — Mais les vrais amants sont prévoyants, quoiqu’en dise le proverbe, et le nôtre n’avait pas compté sans /’Autour aux serrescruelles. L’oncle classique avait pour instructions de lâcher les Pigeons avec-leur ruban rouge (préalablement attaché à l’une de leurs pattes) si la réponseétait affirmative, et de les laisser partir sans leur ruban, en cas de refus. Lepauvre petit avocat, posté dans son grenier, attendit, en palpitant, le retourde ses courriers : ils arrivèrent tous deux douze minutes après le oui du beau-père. Nous vous laissons à penser quel accueil ils reçurent, eux et leurs rubansrouges, de celui qui les avait expédiés.

Les Pigeons grosse gorge constituent aussi une race bien distincte, qui a reçuson nom de l’habitude qu’ont ces animaux d’enfler beaucoup la gorge en rem-plissant d’air leur jabot. Le Pigeon culbutant, type d’une autre race, s’élèvetrès-haut, et souvent tourne six ou huit fois sur lui-même la tête en arrièrç,comme s’il avait des vertiges. Le Pigeon tournant décrit des cercles à la manièredes Oiseaux de proie, en battant des ailes; ces allures tiennent peut-être à lacaptivité dans laquelle on élève ces Oiseaux. Ce qu’il y a de certain, c’est que.par l’effet seul de la liberté, elles ne tardent pas à se perdre. La race des Pigeonsnomiains se reconnaît à l’espèce de capuchon qui leur descend sur les épaules :ils n’ont pas le vol rapide, mais ils sent très-familiers et très-féconds. Le Pigeonà cravate est une variété voisine de la précédente, mais sa taille est très-petite,