FAMILLE 1>E S PIGEONS.
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son vol est bien soutenu, quoiqu’un peu lourd, et il finit toujours pur revenirau colombier, quelle que soit la distance qui l’en sépare. Il élève difficilement sespetits à cause de la brièveté de son bec. La race des Pigeons polonais offre cetteconformation vicieuse du bec à un degré tel, que les petits meurent souvent defaim, et que, pour les conserver, il est quelquefois nécessaire de les faire nour-rir par des Pigeons à bec long. Les Pigeons romains sont reconnaissables aucercle de peau nue, rouge et ridée qui entoure leurs yeux ; leur plumage estgris, leur vol lourd, leur marche embarrassée et leur fécondité médiocre.
Le Pigeon tourterelle (Columba tnrtur, de Linné) vit dans les boiscomme le Ramier , et se distingue par son manteau fauve, tacheté de brun, etson col bleuâtre avec une tache de chaque côté, mêlée de noir et de blanc : c’estla plus petite des quatre espèces sauvages qui habitent l’Europe . Elle nous quittevers la fin de l’été pour aller passer l’hiver dans le Midi. C’est dans la partie desbois la plus sombre et la plus fraîche que les Tourterelles établissent leur do-micile; elles choisissent ordinairement les grands arbres pour placer leur nid,qu’elles construisent presque à plat avec de petites bûchettes. Elles vivent parpaires, réunies en petites troupes, et leur roucoulement, d’une expressiontendre et plaintive, remplit à merveille sa partie dans ce concert harmonieux desgrandes forêts, qui pénètre lame avec bien plus de puissance que les deux centsmusiciens du Conservatoire . Le murmure des eaux, le bruissement des feuillesque varient des piano et des forte gradués à l’infini, l’aboiement lointain desChiens, le mugissement des troupeaux, les mille cris d’appel des loquaces Pas-sereaux, 1 e liacacan strident du Pic-vert qui vient par intervalles dominer leurramage, et le croassement triste du Corbeau qui contraste avec la gaieté de leurschants, tout cet ensemble de sons forme une symphonie pastorale, que Beelho-wen lui-même mettrait au-dessus delà sienne; ajoutez-y le bruit des feuillessèches froissées par le timide Faon de la Biche sauvage, qui va (c’est notre vieuxpoète Segrais que nous laissons parler),
» Qui va cherchant sa mère aux rochers écartés,
« Y craint du doux zéphyr les trembles agités;
« l.e moindre Oiseau l'étonne, il a peur de son ombre,
« 11 a peur de lui-mème et de la forêt sombre; »
ajoulez-y encore le passage brusque du Sanglier , traversant les taillis, ren-versant les branches avec fracas, et marquant son galop par un sourd grogne-ment; vous comprendrez alors que c’est, au sein de la nature vivante, bien mieux(|tte dans ce froid Muséum, qu’on peut étudier l’histoire naturelle : et cependantl'immense collection que vous avez sous les yeux est d’une utilité inappréciablepour l’élude comparative des formes du règne animal.
La Colombe rieuse ou Tourterelle a collier (Columba risoria,de Linné) est originaire d’Afrique ; elle porte un collier noir sur la nuque; oul’élève en volière. Ses mœurs sont douces comme celles de notre Tourterelled " ■; mais elle est beaucoup plus propre que celte dernière. Son roucou-
lement ressemble au rire; outre ce roucoulement, elle a d'autres sons plustendres pour appeler sa compagne. Elle ne tourne pas comme le Pigeon dômes-