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Deuxieme partie.
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I. K S OIS K AIN.

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lique lorsqu’elle roucoule, mais elle lait quelques sauts eu avant, s'arrête,baisse le bec jusqu’à terre, et enfle son jabot. — Parmi les Colombes à queuecarrée ou ronde, nous ne devons pas omettre la Colombe rameron ( Cnlnmbanrcualrix , de Temminck), espèce du sud de l’Afrique , dont nous vous avons déjàparlé en traitant des Itapaccs diurnes; elle est plus petite que le llamier ordi-naire, puisqu’elle n’a que quinze pouces de longueur totale; les parties supé-rieures sont d’un brun violâtre, le front est noirâtre ; le sommet de la tète d’ungris bleu ; l’auréole des yeux d’un rouge orangé ; les joues grisâtres ; le col d’ungris vineux, avec les bords des plumes d’une teinte plus claire; une bandeblanchâtre tachetée de noir sur la poitrine ; les tectrices de l’aile et les partiesinférieures sont d’un brun vineux, et parsemées de petites taches blanches; lebec et les pieds sont jaunes. Cet Oiseau a des habitudes naturelles qui se rap-prochent beaucoup de celles des Ramiers. 11 décrit en volant une suite de para-boles irrégulières, et fait entendre un chant fort agréable : il est, comme vousle savez, la pâture de prédilection de l’Aigle blanchard, qui lui fait une chasseactive et savante.

Nous terminerons l’histoire du genre Colombe par celle de la Colombeémigrante ou Pigeon ue passage {(UAumba mïgralorin, de Linné), quise distingue des espèces précédentes par une queue allongée et pointue ; sa lon-gueur est de vingt-deux pouces, depuis le bout du bec jusqu’à l’extrémité desrectrices. La tète est d’un bleu d’ardoise, et cette teinte, parsemée de tachesnoires et brunes, domine sur le plumage de l’Oiseau; le col est orné des plusbelles couleurs : l’or, le vert, le pourpre, lecarlate y brillent avec des nuancesmobiles magnifiques; le ventre est d’un blanc pur; les deux rectrices intermé-diaires sont noires et les autres blanches ; le bec et les ongles sont noirs, etl’iris orangé. Cette espèce de l’Amérique septentrionale se nourrit des fruits del’érable, de l’orme, du mûrier, du sarrasin, du chêne, du hêtre, du froment etdu riz. Elle émigre du sud au nord, et de l’est à l’ouest, depuis le golfe duMexique jusqu’à la haie d'Iludson, et ces migrations sont réglées, non sur lesvicissitudes des saisons, mais sur les moyens de subsistance que lui offrent lescontrées où elle voyage. La rapidité de son vol tient du prodige. On a tué àNew-York des Pigeons de passage, et l’on a trouvé dans leur gésier du riz quin’était pas encore altéré par la digestion. Or, ils n’avaient pu manger ce riz quedans la Caroline; et comme les aliments les plus difficiles à digérer ne peuventrésister plus de douze heures à l’action du suc gastrique chez ces animaux, on aconclu qu’ils avaient en six heures parcouru quatre cents milles, c’est-à-direvingt-cinq lieues par heure, ou plus d’un mille par minute.

Leur vue n’est pas moins puissante que leur vol ; ils découvrent, du haut desairs, les fruits et les graines qui peuvent les alimenter; et si, par accident, lesarbres qui les nourrissaient l’année précédente n’ont pas fructitié, on les voitpasser outre, et poursuivre leur course vers des contrées plus fertiles.

Mais ce qu’il y a de plus surprenant dans l’histoire des Pigeons de passage,c’est le nombre des individus qui composent leurs légions voyageuses. Audubon .parcourant le Kentucky dans l’automne de 1815, en vit passer au-dessus de satête cent soixante-trois bandes en vingt minutes ; à la lin les bandes se touchè-rent, et un immense nuage de Pigeons lui déroba la lumière du soleil; pendant