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Deuxieme partie.
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LES OISKAUX.

de l’Oiseau, celui-ci me voyait approcher avec un air d’indignation, se dressaitde toute sa hauteur pour me regarder, et semblait me toiser de la tète aux pieds;puis, (piand je u’étais plus qu’à quelques pas de distance, il secouait violemmentla tête, et, s’élançant dans l’air, il se précipitait droit vers moi. Par deux foisdifférentes, il m’a atteint de son aile le bras droit que j’avançais machinalementcomme pour l’écarter, et avec une telle violence, que je craignis un momentd’avoir le bras cassé. Après cette vigoureuse démonstration, il revenait aussitôtvers le nid, et passait affectueusement sa tête et son col autour du corps de safemelle, puis reprenait, en me regardant, son attitude menaçante. »

Les Oies ont les jambes plus élevées et moins écartées que les Canards, ce quirend leur marche plus facile. En général, elles nagent peu et ne plongent pas ;la plupart vivent d’herbes et de graines, et se tiennent pendant le jour dans lesprairies, d’où elles se rendent le soir sur les étangs et les rivières. Elles viventpar troupes, et pendant qu’elles mangent ou qu’elles dorment, il y a une sen-tinelle qui, le col tendu et l’œil au guet, veille sur ses compagnes et les avertitdu danger. Leur vol est élevé. Elles émigrent par troupes, en se plaçant surune seule ligne, si elles sont peu nombreuses; ou sur deux lignes divergentes,lorsque leur nombre est plus considérable. Quand celui qui occupe la tête dutriangle est fatigué, il cède sa place à celui qui le suit, et va se placer à laqueue. — L’Oie ordinaire (i4nas anser, de Linné), qui est devenu un de nosOiseaux de basse-cour, et qui y a pris toutes sortes de couleurs, vient d’une es-pèce sauvage grise, à manteau brun, ondé de gris, à bec tout orangé, qui a pourpatrie les contrées orientales de l’Europe , d’où elle se ré ’ pendant l’hiverdans les parties centrales et méridionales de ce continent ; elle monte rarementau delà du 55 e degré de latitude nord. Malgré les variations que la domesticitéa fait subir à cette espèce, on la reconnaît à son bec gros , uniformément jauneorangé, et à ses ailes qui n’atteignent pas l’extrémité de la queue ; elle nichedans les bruyères ou les marais, sur de petits tertres de joncs coupés, et pondde six à huit œufs verdâtres. L’Oie domestique est moins commune qu’elle nel’était avant l’importation du Dindon, qu'on lui a préféré, à cause de son volumeaussi considérable et de sa chair plus délicate; mais elle est encore l’objet dessoins de l’agriculteur dans beaucoup de pays; non-seulement elle est utilecomme aliment, mais elle nous fournit des plumes pour l’écriture, ainsi quepour garnir les lits et les coussins. Ce sont les rémiges qu’on emploie pourécrire ; et ce n’est pas seulement après la mort de l’Oiseau qu’on les arrache,on les extrait lorsque l’Oiseau est entré en mue; quant aux petites plumes, onles arrache du ventre, du dos et de la croupe à deux ou trois reprises par été.l'our engraisser les jeunes Oies, quinze jours suffisent; il faut un mois pour lesadultes. On s’en occupe ordinairement à la lin de l’automne, et pour hâter celteopération, on les renferme dans un lieu obscur et tranquille, où on les gaveplusieurs fois le jour.

Mais l’homme ne se contente pas de plumer l’Oie vivante, et de lui couper latète, pour la manger après l'avoir engraissée de force ; il a trouvé le moyende donner à cet infortuné Palmipède une maladie artificielle qui, en le faisantmourir lentement, donne le temps à l'un de ses organes de se dénaturer, etd acquérir une saveur délicieuse. Alïn d’arriver à ce résultat, on renferme l’Oie