O !t I> U K l)K S CIIÉI.OMK.NS.
K*;;
le squelette des Tortues, malgré les modifications que nous venons de voussignaler, est composé des mêmes pièces constituantes que celui des autres Ver-tébrés; seulement le volume et la forme de plusieurs d'entre elles ont subiune profonde altération.
Le plastron et la carapace ne sont recouverts que par une peau sèche et mince,dont l’épiderme est ordinairement écailleux. Aucun muscle ne s’insère à leursurface, et c’est dans l’intérieur du tronc que vont se fixer ceux du col et desmembres. Celte disposition tout exceptionnelle a fait dire à Cuvier que la Tor-tue , en ce qui concerne la carapace et le plastron, est un animal retourné, c’est-à-dire que les os sont en dehors et les parties molles en dedans. Les vertèbresdu col et de la queue ne sont point immobiles, et sont articulées entre elles demanière à permettre des mouvements assez étendus; les membres sont tron-qués, et les doigts à peine distincts. La lenteur de ces animaux est devenue pro-verbiale, et tient à la brièveté de leurs pattes, qui sont tellement éloignées dela ligne médiane du corps, que le ventre appuie à terre quand la Tortue marche.La peau qui recouvre tout le corps conserve quelquefois de la mollesse, et n’estpoint recouverte d’écailles, mais chez la plupart des Chéloniens, elle est garnied’une couche cornée très-consistante, formée de larges plaques écailleuses, quiquelquefois s’imbriquent les unes sur les autres.
Dans la plupart des Tortues, la carapace est recouverte de treize plaquescentrales, disposées sur trois rangs longitudinaux, dont cinq forment une sériemédiane, et se nomment plaques verlébrnles : de chaque côté, il y en a quatreautres, nommées plaques latérales ou costales, parce qu’elles répondent chacune àdeux côtes.Ces treize plaques constituent le disque de la carapace. Autour d’ellesest un cercle de plaques qui ont été appelées plaques marginales ; elles sont dis-posées par paires; les deux plaques de chaque paire forment par leur jointureun rebord saillant qui constitue la circonférence ou limbe de la carapace.Leur nombre est de vingt-trois à vingt-cinq paires: il y a ordinairement dixpaires latérales, une médiane antérieure, correspondant à la base du col, etune médiane postérieure, située au-dessus de la queue. De ces dix paires laté-rales, les huit premières recouvrent une portion de la côte correspondante, etles deux dernières ou postérieures répondent à la dernière plaque vertébrale.Le plastron est aussi recouvert de plaques écailleuses, offrant des comparti-ments de ligure variée; le nombre est de douze, disposées en deux séries lon-gitudinales.
Les Chéloniens, de même que les autres Reptiles, n’ont qu’une sensibilitétactile peu développée : ce qui tient, vous le comprendrez sans peine, à la na-ture de leur peau cornée ou écailleuse. Leurs yeux sont protégés par trois pau-pières, comme chez les Oiseaux; l’organe de l’ouïe est bien moins complet quechez ces derniers; le pavillon et la conque manquent, et le tympan est cachésous la peau. Les narines sont percées à l’extrémité du museau.
Les Tortues n’ont pas de dents, et leurs mâchoires sont revêtues d’une enve-loppe cornée, à bords tranchants, comme le bec des Oiseaux. Elles vivent deplantes terrestres et aquatiques ou de petits animaux; leur appétit est médio-cre ; elles peuvent jeûner pendant plusieurs mois, et même pendant des années.Celte l’acuité d’abstinence s’explique par le peu de transpiration de leur surface