ORDRE DES CHÉLONIENS.
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La Tortue bourbeuse [Testiulo lutar'w, de Linné) diffère de la précédentepar sa carapace plus aplatie, non tachetée de jaune, et par sa taille plus petite;elle a les mêmes habitudes; on la trouve dans presque toute l’Europe , et mêmesous des latitudes assez froides, dans la Silésie, dans le Volga, leTanaïs, l’Oural et les lacs voisins. Elle aime surtout les eaux dormantes, où abondent les In-sectes aquatiques. Lorsqu’elle est dans une petite rivière ou dans un étang, elleattaque tous les Poissons indistinctement, même les gros, les mord souslc ventre,les déchire avec vigueur, et, lorsqu’ils sont épuisés par la perte de leur sang,elle les dévore avidement, sans rien laisser que les arêtes, la tète et la vessienatatoire. Cette Tortue est utile dans les jardins où on l'élève, parce qu’elledétruit un grand nombre d’animaux nuisibles, tels que les Limaçons, Vers deterre, Insectes; mais elle deviendrait nuisible si on la laissait entrer dans lesviviers, qu’elle ne tarderait pas à dépeupler : il faut alors lui donner un baquetplein d’eau, pour qu’elle puisse s’y baigner quelquefois. Ainsi que la Tortuejaune d’Europe , elle s’engourdit pendant l’hiver, et quoiqu’elle aime le séjour del’eau, elle se creuse dans la terre sèche, pour hiverner, un trou de huit pouces,auquel elle travaille pendant près d’un mois : elle en sort au printemps pourpondre ses œufs, qu’elle place dans un trou de sable, exposé au midi, et qu’ellerecouvre ensuite avec du sable sec; l’action vivifiante du soleil sur ces œufsdure trois mois, et les petits, au moment où ils viennent d’éclore, ont environhuit lignes de longueur totale. C’est surtout avec la chair de cette espèce qu’onfait des bouillons médicamenteux et des sirops pour les personnes dont la poi-trine est délicate.
Les Tortues à boîte sont des espèces de Paludines, dont le plastron est en-core plus mobile que dans les deux espèces précédentes. Il offre transversa-lement sur son milieu une véritable charnière qui se sépare en deux battants,l’un antérieur, l’autre postérieur ; ces battants, en se juxtaposant contre la ca-rapace, forment avec elle une boîte close, dans l’intérieur de laquelle la Tortueest à l’abri de ses ennemis. Les unes ont les deux battants de leur plastronmobiles : telle est la Tortue de I’ensylvanie [Teslndo pemylvanica, deLinné) dont la carapace, longue de trois pouces, est ovale, lisse en devant, etd’une couleur tirant sur le rougeâtre. Cette petite espèce vit dans les marais dela Floride et de la Caroline; elle s’y tient cachée et engourdie pendant toutl’hiver dans la bourbe, et en sort au printemps pour faire sa ponte. Les autresn’ont de mobile que le battant antérieur de leur plastron : nous vous citerons laTortue close (Testudo dansa, de Schœpff), qui est brunâtre; les plaquesdorsales de la carapace sont jaunâtres, striées; les plaques vertébrales sontpresque carénées en long, le milieu du plastron est un peu comprimé ; la ca-rapace a deux pouces de longueur. Cette Tortue habite dans plusieurs contréesde l’Amérique septentrionale ; elle fréquente les marais, mais elle se plaît aussidans les lieux secs, exposés au soleil; la boîte est tellement épaisse, et la puis-sance musculaire si grande, que l’animal supporte un poids de six cents livres,et marche avec lui. La Tortue close mange des Scarabées, des Loirs, et dévore,dit-on, des Serpents longs de quatre à cinq pieds, après les avoir étouffés enles serrant, par le milieu de leur corps, entre sa carapace et le battant de sonplastron. On l’élève en quelques contrées de l’Amérique , pour purger les jardins
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