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Deuxieme partie.
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ORDRE DES CIIÉLONIENS.

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auxquelles M. Al. Rrongniart a donné le nom de Chélonées, forment un groupetrès-naturel, qui se distingue de tous les antres par sa conformation comme parses moîiirs. Les pattes sont aplaties en palettes ; les doigts sont enveloppés parla peau et complètement immobiles. Deux doigts seulement sont garnis d’ongles,qui tombent de bonne heure. Les pattes antérieures sont très-longues et nepeuvent, non plus que la tète, se retirer complètement sous la carapace ; celle-ci est surbaissée; les côtes ne sont pas soudées entre elles près du bord de lacarapace, et le sternum n’est osseux que dans les parties latérales. Les narinessont surmontées d'une soupape charnue qui ferme ces ouvertures quand l'ani-mal plonge sous l’eau. Le bec est tranchant et la mandibule supérieure crochue.— La Tortue franche (Testudo imjdas, de Linné) habite l'océan Atlan-tique : le disque de sa carapace est recouvert par treize plaques non imbri-quées, dont la couleur est fauve, avec un grand nombre de taches marron, glacéde vert. Cette espèce est souvent longue de sept à huit pieds; et son poids estquelquefois de huit cents livres. Les Tortues franches paissent en grandes trou-pes les algues marines au fond de l’Océan, et se nourrissent surtout du zostera,espèce de plante monocolylédone, qui a la forme d’un long et étroit lacet. Ellesnagent avec une grande facilité, et on les rencontre souvent à pins de cinq centslieues de la terre, flottant endormies à la surface de l’eau; elles ne quittent lamer qu’à l’époque de la ponte; alors elles se rendent sur le rivage des îles dé-sertes pour y déposer leurs œufs : quelquefois elles viennent reconnaître le ter-rain, la veille du jour où doit commencer la ponte, et elles reviennent le len-demain pour l'effectuer. La Tortue commence à sortir de la mer après lecoucher du soleil. En approchant du rivage, elle lève la tête hors de l’eau, etregarde de tous côtés; lorsqu’elle s’est un peu avancée, elle s’arrête encore, et,si elle aperçoit un homme, elle reprend aussitôt le chemin de la mer. Si toutlui paraît tranquille, elle remonte jusqu’au-dessus de la ligne de la plus hautemarée ; c’est là seulement qu’elle déposera ses œufs, afin que la mer montantene puisse les atteindre et les submerger. Avec ses nageoires antérieures, ellecreuse dans le sable une fosse d’environ deux pieds de profondeur, y dépose parrangées régulières ses œufs, qui sont au nombre de plus de cent pour chaqueponte, puis les recouvre de sable qu'elle nivelle avec tant de soin, qu’on n’aper-çoit aucune trace de son travail : la ponte terminée, elle retourne à la mer.C’est le soleil des tropiques qui doit suppléer à l’incubation. Après avoir étésoumispendant quinze jours à sa chaleur bienfaisante, les œufs éclosent; et'lespetits qui en sortent se dirigent aussitôt vers la mer. Mais ce moment est l’époquela plus critique de leur existence ; avant qu’ils puissent prendre possessionde leur élément, ils ont à éviter des dangers nombreux et terribles. Les Ra-paces diurnes, les Echassiers, les Crocodiles, réunis sur le rivage, épient lemoment de leur naissance, dont l'époque périodique est prévue par eux. Aus-sitôt que les jeunes Tortues brisent leurs coquilles, soulèvent le sable qui lesrecouvre et paraissent à la lumière, faibles et privés d’écailles, un piteux car-nage commence : les unes sont dévorées par leurs ennemis ; les autres sehâtent lentement de gagner la mer, et il en périt encore un bon nombre dans letrajet; les plus heureuses arrivent enfin à l’eau. Mais comme elles ont d’abordbeaucoup de difficulté à s’enfoncer sous les vagues, les Mouettes et les Cormo-