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Deuxieme partie.
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nous fournit l'occasion de verilier la lenteur des fonctions digestives dans cesanimaux; elle avala une Grenouille, et cette opération dura trois heures, peut-être par suite de la faiblesse résultant de la captivité, et surtout à cause desmouvements du lîatracien qui, pris d’abord par les pattes de derrière, tendaitle jarret avec des efforts énergiques, mais inutiles, pour échapper à son ennemi.Enlin, à force de ténacité, la Couleuvre réussit à engloutir le corps de sa proiejusqu’à la tête exclusivement, et c’était un aspect hideux que celui des deuxmâchoires du Serpent, horriblement écartées et encadrant la tète gonflée de laGrenouille; il y avait là deux paires d’yeux saillants et lixes, qu’il était impos-sible de regarder longtemps sans éprouver des nausées. Peu à peu la tête dela Grenouille disparut, et. nous vîmes le corps descendre dans les entraillesde la Couleuvre, en marquant son passage par un gonllement considérable.

Il y avait déjà une heure que la proie avalée était arrivée à sa destina-tion, lorsque! nous nous avisâmes d’explorer l’estomac de la Couleuvre, pour étu-dier les progrès delà digestion; quelle ne fut pas notre surprise, lorsque,aprèsavoir séparé avec précaution les écailles de l’abdomen, et ouvert la cavité del’estomac, nous vîmes la Grenouille sauter joyeusement hors de sa prison, sansblessure et sans contusions : nous la fîmes sur-le-champ porter dans la prairiela plus voisine, où elle s’élança vive et allègre parmi les joncs du ruisseau, etdisparut bientôt à nos regards. Quant à la Couleuvre, elle vécut encore paisi-blement sur de la mousse humide pendant deux mois, mais son appétit ne re-vint pas.

La CoutEUVRE vipérine [Coluber vipmmis, de Latreille) habite les mêmeslocalités que la précédente ; elle est d’un gris brun, avec une suite détachés noiresformant un zigzag le long du dos, et une autre série de taches œillées le long dechaque côté, ce qui la fait ressembler à la Vipère : le dessous est tacheté en damierde noir et de grisâtre, et les écailles sont carénées. — La Coui.euvre verte etjaune ( Coluber alro-virem, de Lacépède) habite nos bois; elle est tachetée denoir et de jaune en dessus, et loute jaune verdâtre en dessous : les écailles sontlisses. — La Couleuvre lisse ( Coluber uusirlacus , de Linné) est d’un rouxbrun, marbré de couleur d'acier en dessous ; il y a deux rangs de petites tachesnoirâtres le long du dos; les écailles sont lisses, et portent chacune un petitpoint brun vers la pointe. — Ces trois espèces se rencontrent aux environs deParis , comme la Couleuvre à collier, et leurs mœurs sont semblables.

La Couleuvre bor o ela 1 se [Coluber gironduus, de üaudin) est une es-pèce du midi de la France et de l'Italie , qui a presque les mêmes couleurs quela Vipérine, mais dont les écailles sont lisses, et les taches du dos plus petiteset plus séparées; sa taille atteint rarement deux pieds. —La Couleuvre aquatre raies ( Coluber elapliis, de Shaw) est fauve, a quatre lignes brunes ounoires sur le dos; c’est le plus grand de nos Serpents d’Europe ; sa taille dépassequelquefois six pieds. Cuvier pense que c’est le Boa de Pline; ce nom de Boalui était donné parce qu’il suçait, dit Pline, le pis des vaches : ce fait, attribuéaussi à la Couleuvre commune, n’a pas été authentiquement vérifié. — LeSerpent r>’ E scuj. a pe ( Coluber /EscnlapU, de Sha\v, et non de Linné ) est plusgros et moins long que la Couleuvre à quatre raies; il est brun en dessus, jaunepaille en dessous et aux lianes; les écailles du dos sont presque lisses. Ce