OU I)KE DES OPHIDIENS.
enveloppes avant la ponte : (le là le nom de Vipères, contraction de vivipares. —Leur tète, élargie en arrière, a une expression de férocité, <pii frappe tout d'a-bord les yeux les moins exercés. Nous vous citerons les quatre genres princi-paux ; ce sont : les Crotales , les Trigonocépliales, les Vipères et les Najas.
Les Crotales ont, comme les Boas, des plaques simples sous le corps et sous laqueue; leur museau est creusé d’une petite fossette arrondie derrière chaquenarine; mais leur caractère le plus remarquable est l'appareil qui termine leurqueue: c’est une série de petits cornets écailleux, emboîtés les uns dans les au-tres, vibrant rapidement et résonnant avec un bruit assez intense quand l’ani-mal remue la queue : comme il en reste un de plus après chaque mue, on apensé qu’ils sont formés par un débris de l’épiderme, retourné sur lui-mêmecomme un doigt de gant, retenu à l’extrémité de la queue, et se superposant surcelui de l’année précédente : c’est cette sorte de petite crécelle qui leur avalu leur nom populaire de Serpents à sonnettes. — Le Chotale de i.aGuïa.xe ; Crut al ns durissns, de Linné) a une teinte d’un gris jaunâtre, avecvingt-cinq ou vingt-six bandes dorsales, noires, irrégulières et transversales,entourées d'une teinte claire, écbancrées en devant, et terminées sur les lianes,à chacune de leurs extrémités, par une tache de meme couleur. La queue estentièrement noire; le ventre est d’un blanc jaunâtre, parsemé de petits pointsnoirs. Ce Serpent se nourrit de Rats, d’Ecureuils et autres petits Mammifères.Il traverse aisément les rivières et les lacs à la nage, en gonflant son corpscomme une vessie; il est alors très-dangereux de l'attaquer, parce qu’il s'élancedans les bateaux avec une grande facilité. — Le Chutai.e Roïqujra (Crola-lus horridns, de Linné) est l’espèce la plus commune dans l’Amérique septen-trionale : sa longueur est de quatre à six pieds; le long de son dos, règne unesuite de grandes taches noires en losange, bordées de jaunâtre. Le reste desteintes est d’un cendré brunâtre.
Le Crotale Bo'iquira atteint une longueur de cinq à six pieds; sa morsure faitpérir un Chien eu un quart de minute. Les Chevaux et les Boeufs n’y surviventqu’une minute environ. L’homme, atteint par lui, meurt aussi presque immé-diatement; mais le Crotale ne mord les gros animaux que pour sa défense etlorsqu'il est provoqué par eux. On a proposé un grand nombre de recettes pourprévenir les effets terribles de sa morsure: comprimer les veines au-dessus dupoint piqué et appliquer une ventouse sur la plaie, est un moyen qui peutralentir l’absorption du poison; mais l’application du fer rouge ou des caus-tiques énergiques délivre plus promptement le malade du danger qui lemenace. 11 y a dans l’Amérique méridionale une plante connue des naturelssous le nom de Guaco, et à laquelle ils attribuent des vertus héroïques : non-seulement les feuilles appliquées sur la blessure arrêtent les effets du poison;mais il suflit, disent les Indiens, de s’inoculer ou de boire le suc de cette plantepour devenir invulnérable : les Crotales respectent celui qui a pris ces mesuresde précaution. — Les auteurs Vergas et Mutis ont appuyé celte opinion de leursobservations, et M. de Ilumboldt a fait quelques expériences qui l’autorisent àpenser que le Guaco peut donner à la peau une odeur qui répugne au Serpent,et l'empêche de mordre.
Les Crotales possèdent-ils le pouvoir de fasciner leur proie? peuvent-ils la