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LI’.S REPTILES
et à son aîné lussent vendues à des étrangers, les acheta : au bout de deuxans, il essaya la chaussure fatale, et, en l'ôtanl., il sentit une légère douleur; laveuve, qui était présente, se souvint alors des circonstances qui avaient précédéla mort de son mari, mais il était trop lard : l’homme mourut après quelquesheures.—Cette aventure, ayant fait du bruit, éveilla la curiosité d’un médecindu pays : il disséqua la hotte, et y trouva le crochet d'un Crotale, dont la pointeétait peu saillante à l'intérieur et se dirigeait de liant en has; de sorte que celuiqui l'avait mise n’en était blessé qu'en se déchaussant. Le médecin détacha lecrochet meurtrier, et en piqua le museau d'un Chien, qui ne larda pas à expirer.
Ces terribles Reptiles se réunissent souvent en grand nombre, au milieu desclairières, et s’entrelacent tous ensemble de manière à former un hideux faisceaudont toutes les branches agitent leur crécelle : malheur à celui qui les ap-procherait sans précaution : l'un d’eux se détacherait du groupe, et poursuivraitavec fureur le curieux qui est venu les observer de trop près. — Les Crotaless'engourdissent pendant l'hiver, dans les contrées de l’Amérique septentrionaleoù le froid est rigoureux : au moment où ce sommeil les prend, leur digestion sesuspend en même temps que les autres fonctions de la vie, et. les aliments seconservent dans leur estomac; au printemps, le travail digestif recommence.Auduhon chassant avec son lits dans le Canada , l'enfant en rencontra un, en-gourdi sur la neige; le père le mit dans sa carnassière; mais bientôt, ayant al-lumé du feu dans une prairie pour faire cuire son repas, il entendit vibrer lasonnette du Serpent ressuscité par la chaleur : il jeta bien loin sa carnassière,e .es minutes après, l'animal éloigné du feu retomba dans sa léthargie.— Vous n’aurez pas de peine à croire que les latitudes sous lesquelles vil enAmérique le Crotale, étant les mêmes que celles de l'Europe tempérée, l'auto-rité a dù prendre des mesures préventives pour que ce Reptile ne pût être im-porté dans nos climats : il est défendu aux bateleurs et aux conducteurs de mé-nageries ambulantes de conserver des Crotales; il suffirait en effet d unefemelle pleine échappée de sa cage, pour peupler nos campagnes de Serpents àsonnettes, qui s’y naturaliseraient rapidement.
Pour terminer l’histoire du Crotale par quelques détails moins sombres, parlonsde l’influence qu’exerce sur lui la musique : nous verrons toutà l’heure que, dansles Indes, on fait danser au son de la flûte la Vipère à lunettes: le Crotale montremoins de docilité, mais il n’est pas insensible à la musique, comme le prouve lefait suivant, rapporté par un illustre voyageur. « Au mois de ' 1791, dit
M. de Chateaubriand, nous voyagions dans le haut Canada avec quelques fa-milles sauvages de la nation des Onnoutagues. Un jour que nous nous étionsarrêtés dans une plaine, au bord de la rivière Génésie, un serpent à sonnettesentra dans notre camp. Il y avait parmi nous un Canadien qui jouait de laflûte; il voulut nous amuser, et s’avança contre le Serpent, avec son arme d’unenouvelle espèce. A l’approche de son ennemi, le superbe Reptile se forme toutà coup en spirale, aplatit sa tête, enfle ses joues, contracte ses lèvres, découvreses dents envenimées et sa gueule rougic; sa langue fourchue s'agite rapide-ment au dehors : ses yeux brillent comme des charbons ardents, son corpsgonflé de rage s’élève et s’abaisse comme un soufflet ; sa peau dilatée est héris-sée d’érailles, et sa queue, en produisant un bruit sinistre, oscille avec tant de