LES POISSONS
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déposés dans un enfoncement creusé par elle ne tardent pas à éclore; les jeunesSaumons grandissent rapidement; et quand ils ont atteint un pied, ils gagnentla mer, comme leurs parents; puis, vers le milieu de l’été qui a suivi leur nais-sance, ils rentrent dans les fleuves, pour aller pondre à leur tour. Voyageurscomme les Hirondelles, ils reviennent comme ces Oiseaux dans les mêmes localités;on s’en est assuré en attachant un anneau de cuivre à la queue de plusieurs de cesPoissons , et en leurrendant la liberté : l’année suivante, à la même époque, ils re-paraissaient dans la même rivière. La chair du Saumon est très-estimée, maisvous savez qu’on s’en lasse facilement : en Irlande, en Écosse et en Bretagne ,pays sillonnés par de petites rivières où abondent les Saumons, les domestiquesdes fermiers stipulaient autrefois dans leurs conditions de service qu’ils nemangeraient de ce Poisson que trois fois par semaine. Aujourd'hui que la fa-cilité des communications permet le transport rapide du Saumon dans lesgrandes villes, les riverains le vendent au lieu de le manger, et cet article estl’objet d’un commerce qui prend de jour en jour plus d’importance. — On pêchele Saumon à la fourchette, à la ligne, au filet ; mais le moyen de capture le pluscommode et le plus productif est le barrage permanent des rivières fréquentéespar ces Poissons.
La Tuuitf, saumonée ( Sahno traita, de Linné ) a la chair de la mêmecouleur que celle du Saumon; tout le dessus de son corps est marqué de tachesnoires, en forme d’yeux ou d’X ; les supérieures sont quelquefois entouréesd’un cercle plus clair. Ce Poisson parvient à une grande taille, et pèse quel-quefois huit à dix livres; il quitte la mer vers le milieu du printemps, et re-monte les rivières jusque dans les plus hautes montagnes. Mais les ruisseauxqui se jettent immédiatement dans la mer sont les localités où l’on pêche lesmeilleures Truites saumonées.
La Truite commune ( Salmo fario, de Linné ), qui abonde dans les ruis-seaux d’eau claire et vive, a la nageoire caudale peu échancrée, et la chairblanche; elle est plus petite que les deux espèces précédentes, et ne dépasseguère douze ou quinze pouces de longueur; le dos est marqué de taches bru-nes, les flancs offrent des taches rouges entourées d’un cercle clair; les teintesdu fond varient à l’infini, depuis le blanc et le jaune doré jusqu’au brun foncé.
L’Éperlan (Salmo epertanas, de Linné) ressemble beaucoup aux Truites ,mais la membrane des ouïes n’a que huit rayons. Son corps est sans taches,petit, brillant des plus riches teintes d’argent et de vert clair. Sa chair estexquise; on le trouve dans la mer et à l’embouchure des grands fleuves.
La cinquième et dernière famille des Malacoptérygiens abdominaux étaitréunie par Linné dans un seul genre, le genre Clupea. —Les Chipes se dis-tinguent des Saumons en ce qu’ils n’ont point de nageoire graisseuse forméepar un pli de la peau et dépourvue de rayons. Cette famille comprend les Ha-rengs, les Aloses, les Anchois, etc.
Le Hareng commun ( Clupea Harengus, de Linné ) a la lèvre supérieurenon échancrée, et l’ouverture de la bouche médiocre; ses arêtes sont fines etnombreuses; il a les dents visibles aux deux mâchoires; la carène du ventreest peu marquée; les nageoires ventrales naissent sous le milieu de la dorsale.Ce Poisson habite les mers polaires, sous les glaces desquelles il se retire pé-