LES POISSONS.
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plus longue que l'inférieure. U habite les côtes de l'Océan, et sa chair est légèreet sapide.—Le Merlan noir, ou Grelin (Gadus carbonar'ms, de Linné),(‘st plus grand du double ; sa couleur est brune, et sa mâchoire supérieure pluscourte. Il vit en grandes troupes dans l’Atlantique; on le sale et on le sèchecomme la Morue.—Le Merlan ja une, ou Lieu (Gaclus pollachius, de Linné),est presque aussi grand que le Merlan noir; ses mâchoires sont les mêmes; il estbrun en dessus, argenté en dessous, et a les flancs tachetés ; sa chair est presqueaussi estimée que celle du Dorsch et du Merlan.
La Merluche, ou Merlus (Gadus merluccius, de Linné ), diffère desMerlans en ce quelle n'a que deux nageoires dorsales. Elle est longue d'un àdeux pieds; le dos est gris-brun, la nageoire dorsale antérieure est pointue, etla mâchoire inférieure plus longue que l’autre; elle abonde dans la Méditer-ranée et dans l’Océan ; les Provençaux la nomment Merlan.
Les Pleuronectes, ou Poissons plais, ont le corps très-comprimé latéralement,et très-élevé verticalement; un des côtés de leur corps est fortement coloré;l’autre est de couleur blanchâtre; c’est ce dernier qui est inférieur quandl'animal nage. Mais ce qui rend les Pleuronectes remarquables entre tous lesVertébrés, c’est le défaut de symétrie de leur tète : les deux yeux sont placésdu même côté, c’est-à-dire du côté coloré, qui est toujours dirigé vers la lu-mière, le reste de leur corps participe un peu à cette irrégularité; les deuxcôtés de la bouche ne sont pas égaux ; les deux nageoires pectorales sont rare-ment semblables. Les autres parties ne sont pas sensiblement irrégulières :leur nageoire dorsale règne tout le long du dos, et l’anale occupe presque toutle bord inférieur du corps. Il y a des individus contournés, qui ont les yeuxplacés d’un côté qui n’est pas le môme que pour le reste de leur espèce;d'autres sont colorés sur leurs deux faces; d'autres entin sont blancs à droiteet à gauche. Ces Poissons se tiennent au fond des eaux, comme appliqués surle sable ; aussi emploie-t-on, pour les prendre, des filets traînants.— Les l’Iiessont de forme rhomboïdale, et ont les yeux à droite ; leur nageoire dorsale nes'avance que jusqu’au-dessus de l’œil supérieur, et laisse un espace nu entreelle et la nageoire caudale.—La Plie franche, ou Carrelet (PleuronectesPlatcssa, de Linné ), se reconnaît aux six ou sept tubercules formant uneligne sur le côté droit de la tête, entre les yeux, et aux tacbes aurore qui tran-chent sur la couleur brune de ce même côté du corps; sa longueur égale troisfois sa hauteur; ses écailles sont minces et molles ; sa chair est tendre et très-estimée. On en pêche quelquefois dont le poids s’élève jusqu'à seize livres. Elleabonde surtout sur les côtes de la mer Baltique.—La Limande ( PleuronectesLimmula, de Linné ) a le corps plus haut, comparativement à sa longueur; elleporte une ligne saillante entre les yeux; la ligne latérale, régnant le long deses flancs, et qui est communément droite, éprouve une forte courbure au-dessus de la pectorale; ses écailles sont âpres comme les dents d’une lime ; delà le nom de Limande; le côté des yeux est brun-clair, avec quelques tacheseffacées, brunes et blanchâtres. Cette espèce est commune sur nos côtes; onl’estime à Paris plus que la Plie franche, parce qu’elle supporte mieux letransport; sa chair est agréable pendant l'hiver ; mais à l’époque du frai, quia lieu dans la saison chaude, elle est plus molle et moins sapide.